9 raisons pour lesquelles il est difficile de conserver au quotidien un accompagnement respectueux (posture parentale sans VEO -Violences éducatives Ordinaires-)

C’est à l’occasion de la journée de la non-violence éducative de ce 30 avril que nous publions ce dossier.

Dans ce dossier, nous allons voir ensemble 9 des raisons qui nous ralentissent, voire nous empêchent, d’être en accord autant qu’on le souhaiterait avec notre nouvelle posture respectueuse de l’enfant ( sans VEO –Violences Éducatives Ordinaires) – et ce, bien que l’on connaisse désormais la théorie par cœur. Avant de commencer à répertorier 9 de ces freins à la posture nVEO (non VEO), nous tenons à faire un rappel de quelques bases de la posture nVEO et du cheminement vers l’accompagnement respectueux qui va avec.
Nous, adultes et parents ayant choisi d’adopter une posture nVEO, savons bien que nous sommes responsables de nos propres besoins et de ceux de notre enfant… Nous avons bien compris que l’enfant n’est pas un adulte miniature, qu’il n’en est pas du tout au même stade de développement cérébral que nous et que, de ce fait, nous ne pouvons pas lui demander de réagir et de se comporter comme nous voudrions (la société) qu’il le fasse.

Et pourtant, à notre grand désarroi, la réalité est bien différente de ce que nous espérions : il nous arrive encore bien trop souvent de nous énerver contre nos petits bouts, de mal réagir, de mal leur parler – même parfois, on fait ou on dit des choses tout en se disant « mais … que suis-je en train de faire/dire ?! » et pourtant, malgré tout, ça sort quand même, et on le regrette avant même que cela soit terminé. Alors, on culpabilise, on est triste, frustré.e, en colère contre nous-mêmes. Cela peut conduire, dans certains cas, au désespoir et à l’abandon de la posture nVEO.

La posture parentale

L’accompagnement respectueux se base sur les recherches récentes en neurosciences. Cette posture parentale prend en compte chaque étape du développement du cerveau de l’enfant, afin d’être sûr que les attentes que l’on projette sur l’enfant ne seront pas en décalage avec ces capacités cérébrales du moment. En effet, on a souvent tendance à croire que l’enfant est capable de faire une action, parce qu’il l’a déjà réalisée une fois “tout seul”. On pense aussi parfois que l’enfant fait exprès de ne pas réussir quelque chose, ou qu’il nous « cherche ». Une fois que l’on connait les étapes et rythmes du développement de l’enfant, on se rend compte que la plupart de nos attentes sont inadaptées et irréalistes, et que l’enfant est psychiquement incapable de ce qu’on peut lui reprocher, comme le fameux « il me cherche ».
Pour rappel, voici le listing des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) sur le merveilleux blog « Enfances épanouies ». Cette liste regroupe : les violences physiques, les violences psychologiques, les violences culturelles, les douces violences, les maltraitances ainsi que les violences médicales.
Chez VEF, nous disposons également de deux listes de VEO à propos de deux sujets spécifiques :

Ces listes sont là pour connaitre ce que sont les violences, puis petit pas par petit pas, les éradiquer. Comme un but à atteindre. Il s’agit de nous déconditionner de toutes nos croyances éducatives, et d’adopter une nouvelle posture parentale, respectueuse de l’enfant et consciente de ses rythmes biologiques.
Changer de posture peut faire peur pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on est conforté dans nos habitudes, alors s’imaginer changer demande un certain effort : on fait ce qu’on connaît, parce que l’on a nous-même été élevés comme cela, et que l’inconnu fait toujours peur. Comprendre que l’enfant-roi n’existe pas, comprendre la notion d’adultisme, par exemple, aide beaucoup à se défaire de toutes nos croyances, ancrées dans nos esprits et dans la société toute entière.

Résolution puis culpabilité

Juste après la lecture d’un nouveau livre nVEO, on est souvent plein d’entrain, un peu comme avec les “nouvelles résolutions” du 1er janvier ; mais, comme pour les espoirs du 1er janvier, très peu de temps après, les résolutions s’essoufflent et hop ! nous voilà de nouveau rongés par la culpabilité car on se sent nul.le et incapable de suivre nos propres nouvelles valeurs… mais bonne nouvelle : la culpabilité se transforme !

Lorsque le sentiment de culpabilité paraît, il convient d’y prêter la plus grande attention dès les premiers signes, et de considérer ce ressenti désagréable comme un véritable signal d’alarme.

Ce sentiment s’explique en deux mots : ce sont les dissonances cognitives. Il s’agit de la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d’une personne lorsque deux d’entre elles entrent en contradiction l’une avec l’autre.

Pourquoi choisir cette posture / les effets sur l’enfant

Qu’il s’agisse des enfants comme des adultes,, les réactions de notre cerveau face au stress nous viennent d’une autre époque. Certes, désormais aucun animal ne risque d’attaquer notre grotte. Dans notre partie du globe, nous avons acquis un certain confort au quotidien. Néanmoins, de nombreuses situations dans notre environnement provoquent encore en nous de vives réactions.
Notre cerveau réagit spontanément au stress par trois réactions :

  • Attaque,
  • fuite,
  • sidération.
    Lorsque l’on a des réactions vives sur l’enfant (cris, gestes brusques, froncement de sourcils), cela le place directement dans une situation de stress. Celui-ci provoque alors une chute du tonus musculaire, ainsi qu’une forte production de cortisol (l’hormone du stress). Cela a pour effet de bloquer le cerveau de l’enfant ; l’amygdale (le centre de la peur) et le cerveau archaïque prennent alors le relais, ce qui rend l’enfant totalement indisponible pour gérer la situation, comprendre ce qui se passe, et encore moins apprendre de cette situation (“en retenir une leçon”). L’enfant va juste chercher à se protéger, son but est de survivre en attendant que l’orage passe. En revanche, les enfants apprenant par imitation, ils calqueront leur comportement… sur le nôtre : si on est violent, l’enfant à son tour sera violent !
    Le cerveau de l’enfant est immature (il sera plus mature à 25 ans, à condition d’avoir été accompagné respectueusement jusque-là) et donc l’enfant est tout simplement incapable de prendre du recul immédiat sur une situation. Un enfant ne peut pas détester ses parents : ils sont la condition à sa survie, il est totalement dépendant d’eux. Alors, pour survivre dans un environnement familial violent, l’enfant va apprendre à se détester lui-même. Il va peu à peu intégrer toutes les méchancetés qui lui sont dites et faites comme des vérités acquises – s’il mérite toute cette maltraitance, c’est qu’il est vraiment méchant/mauvais/nul, … L’enfant conclut rapidement que si on ne l’aime pas, c’est qu’il ne mérite ni amour ni respect : il va alors cesser de s’aimer, avec tout ce que cela implique comme conséquences désastreuses et troubles du comportement.
    S’il a la chance de rencontrer dans sa vie ce qu’Alice Miller appelait un « témoin secourable », c’est-à-dire quelqu’un qui saura l’écouter et le revaloriser, il aura un jour le déclic (voire plus bas). Il comprendra que ses parents réagissaient contre ses comportements, et non contre sa personne toute entière, et qu’ils étaient mus par leurs propres angoisses intérieures, qui n’ont rien à voir avec lui, mais avec leur propre enfance. S’il n’a pas ce déclic, il pourra être amené à penser toute sa vie qu’il est vraiment nul, mauvais, incapable, etc.
    Au contraire, s’il grandit dans un environnement familial respectueux, où règnent la joie, l’amour et le soulagement, le cerveau de l’enfant se développera harmonieusement, et il apprendra des comportements « raisonnables » et adaptés.

La posture VIOLENTE n’est jamais un choix

Nous avons tous rencontré des enfants violents … alors il est légitime de se demander si la violence elle normale ? Réponse : Oui et non.
Explications :
Non : parce que les petits d’Homme naissent non-violents. Tous. Nous naissons tous non-violents. Nous cherchons tous dès la naissance à recevoir l’amour inconditionnel et le respect de nos parents.
Oui : parce que la norme est violente. En effet, dans le climat familial et sociétal, ça fait partie de la norme d’être violent. Les enfants apprennent par mimétisme et vivent, en France, pour la plupart dans un climat violent. Les enfants deviennent donc violents. A l’inverse, les enfants qui évoluent dans des environnements sains et non-violents reproduisent ces comportements respectueux.

Le déclic

Idéalement, certaines personnes ont le déclic de la posture nVEO eux-mêmes, pendant leur enfance, ils se promettent à eux-mêmes de ne jamais reproduire les violences qu’ils subissent de la part de leurs parents. Et dès qu’ils sont devenus parents, ils tiennent leur promesse.
Malheureusement, c’est rarement le cas, en partie à cause de la puissance de l’endoctrinement sociétal, et du conditionnement parental et familial,… alors, à peine adulte on se dit, quand j’aurais des enfants : ça filera droit !
Certaines personnes ont le déclic au moment de la grossesse, ou de l’accouchement. Ils ressentent une immense vague d’amour et acceptent de se remettre en question.
D’autres ont le déclic après avoir donné la 1ère tape. Nous avons souvent entendu ce type de témoignage : j’ai frappé, même une petite tape sur la main, et pour la première fois j’ai vu dans le regard de notre enfant qu’il avait peur de nous. Ce regard est un déclencheur. Par exemple, vers 6 mois, quand l’enfant touche à sa première prise, ou s’approche d’un coin de table basse, certains parents réagissent en proférant la première menace ou en donnant une tape sur la main. S’ensuit le premier regard de l’enfant apeuré et la prise de conscience qui va avec : « Non je ne veux pas de cette relation avec mon enfant. Je ne veux pas que mon enfant ait peur de moi. »
D’autres encore, ont le déclic avant ou au cours de leur parentalité, grâce à des lectures, des podcasts ou des vidéos nVEO. Ces médias nVEO se font de plus en plus nombreux. Nous pouvons aider ces familles en leur partageant ces supports.

 

Les blocages


Nous allons voir ensemble, que, malgré la lecture de nombreux livres, le temps passé à s’informer grâce aux nombreuses conférences et l’argent dépensé à quelques ateliers parentalité, nous ne sommes toujours pas aussi respectueux que nous voudrions l’être au quotidien. Nous culpabilisons. Nous nous sentons bloqués et dissonants.
Nous avons apprécié progresser au moment du déclic de la non-violence mais une fois passé le stade de la découverte et de l’euphorie des débuts, la pratique se trouve confrontée aux aléas du quotidien, notre cheminement s’essouffle, et on désespère.
Il y a plusieurs explications à cela. Nous allons détailler 9 de ces principales raisons dans le point suivant. Soulignons qu’il n’y a pas d’ordre particulier dans ce listing de blocages, même si nous remarquons effectivement que c’est souvent la problématique du poids de l’enfance qui est un problème de fond, et la fatigue qui est très récurrente comme problématique de forme chez les parents avec qui nous avons pu débattre de ce sujet.
Ce matin, L’OVEO a publié les premiers résultats de son étude menée sur la prise de conscience de la violence éducative ordinaire, réalisée en 5 mois et avec plus de 2000 personnes.
C’est la fatigue qui est nommée à 90 % comme le facteur poussant les personnes interrogées à recourir à des pratiques violentes, suivie par les difficultés extérieures générant du stress et par le manque de temps pour soi. Sont aussi mis en avant notre « propre éducation », les « difficultés à comprendre le comportement de l’enfant », le « manque de soutien du conjoint ou de la conjointe ».

 

Voici 9 des raisons que nous avons répertoriées pour lesquelles nous avons du mal à rester intègre :

Poids de l’enfance

Nous avons appris notre comportement Humain avec d’autres Humains, par l’exemplarité donc. Si nous avons été habitués à de vives réactions, à être rejetés, humiliés, contrôlés, abandonnés, menacés, que l’on utilise le chantage avec nous, etc, alors il est extrêmement difficile de remplacer ces comportements dangereux par d’autres réactions en empathie, dans le partage, l’Amour inconditionnel etc.

Pour la plupart d’entre nous, nos parents nous ont appris que nos comportements étaient mauvais, que ce sont les adultes qui ont raison, que ce sont eux qui savent mieux que nous quels sont nos besoins, ce qui est bon pour nous etc.

Par exemple si nos parents réagissaient par la violence lorsque l’on s’essuyait nos mains pleines de nourriture sur nos vêtements, il est fort probable que l’on réagisse nous aussi de manière très vive lorsque notre enfant s’essuie à son tour dans son T-shirt.

Maintenant que nous savons que certaines de nos réactions sont liées avec notre propre éducation, nous pouvons y prêter plus ample attention dans notre quotidien et réfléchir avant de réagir : est-ce que je choisis de m’adresser de cette façon à mon enfant ou est-ce un comportement subi de par mon conditionnement ? 

On peut dire à son enfant « Lorsque je vois une personne faire ceci, je réagis comme cela, parce que c’est comme ça que mon cerveau l’a appris pendant mon enfance. » Cela permet à l’enfant de ne pas penser que c’est son comportement qui est mauvais, et qu’il comprenne bien que c’est son parent qui est responsable de ses propres émotions.

Puis on peut ajouter « Je bosse là dessus, je fais du développement personnel, je vais changer ça. Pourrais-tu me dire un code secret lorsque tu remarques que ma posture est adultiste ? Quand ça fait non en toi ? ».

Nos enfants sont dans la logique de l’amour, et plein de ressources, et alors suite à cette conversation, beaucoup de parents en arrivent à ces échanges  : « Tu as une proposition, une idée ? Comment aurais-je du faire lorsque mon parent me criait/tapait dessus ? Comment pourrais-je faire aujourd’hui lorsque je suis en présence d’une personne qui a tel comportement et que je réagis par la violence ? ».

Il y a aussi le conflit de loyauté qui rentre en compte. C’est un sentiment que nous pouvons ressentir lorsque nous avons l’impression que nous devons prendre parti ou que nous devons choisir entre ce que nos parents nous ont inculqué et ce qui est important pour nous, comme par exemple nos valeurs liées à l’accompagnement respectueux. 

A nous, parents responsables, de mettre des stratégies en place vers la Paix, la Guérison.

 

Épuisement, hormones, maladie

Nous le savons tous, lorsque nous sommes fatigués, c’est quasiment impossible de passer la journée sereinement, de garder sa patience, etc.

Lorsque la fatigue est passagère et commence à se faire sentir, il y a urgence, on peut mettre en place des stratégies pour se reposer : comme une sieste ou se coucher plus tôt. Découvrez cet article qui livre plein de conseils pour se ressourcer au quotidien.

Néanmoins lorsque la fatigue s’installe de manière récurrente à cause d’une maladie, que la fatigue est chronique… ou qu’une grossesse nous épuise, il faut alors repenser notre façon de gérer nos longues journées pour s’économiser un maximum.

La grossesse, les menstruations et leurs hormones : Les hormones sont des substances sécrétées principalement par les glandes endocrines : l’hypophyse, particulièrement active dans la sécrétions des hormones accompagnant le cycle menstruel, la thyroïde et ses compagnes les parathyroïdes, les surrénales.

La grossesse induit beaucoup de bouleversements physiques et émotionnels. Le stress d’adaptation, celui qui survient lorsqu’on apprend qu’on est enceinte, n’est absolument pas négatif pour le bébé -dans le ventre-, néanmoins il peut se répercuter sur notre humeur et donc dans le quotidien de notre enfant. Le stress émotionnel, quant à lui, génère de la tension, de la peur, de l’irritabilité.

Lorsque nous avons un bébé qui pleure, cela créé une alerte. Cette alerte qui créé des réactions innées telles que l’attaque, la fuite et l’inhibition de l’action (sidération) provoque des tensions. Lorsque ces scènes sont provoquées à répétition, cela conduit à l’épuisement.

A nous, parents responsables, de mettre des stratégies en place vers le Repos, la Santé et l’Epanouissement.

 

Manque de liberté

Plusieurs situations peuvent nous amener à cet état de stress induit par notre environnement relationnel :

  • Lorsque le parent est chez son parent toxique

Il y a aussi le conflit de loyauté qui rentre en compte. C’est un sentiment que nous pouvons ressentir lorsque nous avons l’impression que nous devons prendre parti ou que nous devons choisir entre ce que nos parents nous ont inculqué et ce qui est important pour nous, comme par exemple nos valeurs liées à l’accompagnement respectueux. « Si je ne fais pas comme mon père m’a appris, il ne va plus m’aimer. »

  • Lorsque, après un incendie par exemple, on doit loger chez un ami, et qu’on se sent forcé d’appliquer ses règles de vie

Nous nous sentons redevables, alors nous nous effaçons. Nous laissons ces personnes violentes prendre le pouvoir sur notre vie.

A nous, parents responsables, de mettre des stratégies en place vers l’Accomplissement.

 

Refoulement émotionnel

Exprimer ses émotions est essentiel. Il faut bien être conscient que refouler une émotion, ce n’est pas l’effacer, bien au contraire. C’est la mettre dans un coin où elle va « ruminer », grossir, se transformer, jusqu’à exploser sous une forme ou une autre – troubles du comportement, maladies, violences.

Là encore, on trouve 2 aspects :

  • Le refoulement de nos propres émotions ;
  • Le refoulement des émotions de l’enfant, parce qu’elles ne sont pas accueillies comme il se doit par un adulte, « témoin secourable » pour reprendre les termes d’Alice Miller, spécialiste sur le sujet.

Un adulte dont les émotions n’auront pas été écoutées dans son enfance, aura le plus grand mal à accueillir les émotions de son propre enfant. Néanmoins, pas de panique, il existe des solutions !

Soyez à l’écoute de votre corps, explorer vos réactions dans chaque situation avec votre enfant – que ressentez-vous, qu’est-ce que cela réveille en vous ? vous pouvez coucher cela sur papier, et y réfléchir à plusieurs reprises, c’est un processus qui aide beaucoup. Affranchissez-vous de la pression sociale qui vise à nier les émotions : autorisez-vous à exprimer vos émotions, à les partager avec autrui, criez, pleurez, riez, chantez, sans limites.
Et … faites de même avec vos petits bouts. Écoutez-les exprimer leurs émotions, laissez-les rire ou crier à tue-tête, même si ça fait beaucoup de bruit. Laissez-les pleurer de rage quand ils sont frustrés de ne pas avoir eu ce jouet ou cette glace. Aidez-les à mettre des mots sur chacune de leurs émotions, ça les aidera à les connaître, les reconnaître, et peu à peu à les apprivoiser. Montrez-leur aussi que vous compatissez, que vous entendez leur douleur. Identifiez la cause derrière l’émotion, et proposez-leur des solutions pour éviter que cela ne se reproduise, ou, mieux encore, discutez-en et réfléchissez-y ensemble. Ressentir, accueillir, exprimer.

 

Conflit

Lorsque nous sommes en proie à un conflit intérieur, nous sommes naturellement moins disponibles pour notre enfant, même avec la meilleure volonté du monde, l’inconscient faisant son œuvre. Le souci c’est que justement, parce que l’inconscient fait son œuvre, l’enfant lui-aussi ressent notre conflit intérieur. Il va donc en souffrir doublement :

  • Parce que nous sommes là sans être là pour lui ;
  • Parce qu’il ressent notre souffrance, et la partage, il la vit entièrement avec nous (impact des neurones-miroirs).

Le conflit intérieur n’est pas toujours dû à des soucis extérieurs, il peut aussi être un conflit de loyauté, c’est-à-dire un conflit entre le besoin/sentiment d’obligation d’appliquer les méthodes que nous ont inculqués nos parents dans notre propre enfance, et notre envie/intuition de faire autrement.
Il est nécessaire que chaque parent travaille sur ces conflits intérieurs, il faut les réduire et/ou leur donner moins d’importance, afin d’en minimiser l’impact sur les enfants.
Concernant les conflits du quotidien, problèmes administratifs, conflits au travail, avec le conjoint – il faut apprendre à prendre le temps de discuter, calmement, faire preuve d’empathie, rechercher de solutions ensemble. La méditation peut aider à prendre du recul pour les cas les plus difficiles et les plus envahissants.
Concernant les conflits de loyauté, liés à notre propre enfance, les ouvrages d’Alice Miller proposent des pistes afin de travailler sur ce poids de l’enfance, et aident à s’en affranchir. Pour les cas les plus difficiles, où la pression de l’éducation parentale est trop importante, une thérapie peut s’avérer nécessaire. Le but du parent accompagnant est de trouver comment réguler ses conflits intérieurs, afin de se sentir apaisé et de vivre tout ça en harmonie.

 

Pression du temps

Le temps … un des grands maux du moment. Combien d’entre nous sont obsédés par cet élément qui nous échappe ? combien d’entre nous essaient de le contrôler ? Et si on arrêtait de se torturer à vouloir tout gérer, et si on acceptait notre condition d’espèce parmi d’autres espèces, pas supérieure, juste différente, et à ce titre soumis aux forces naturelles qui nous gouvernent, comme n’importe quel autre être vivant ?

La plupart d’entre nous vivons au quotidien cette pression du temps. Le 1er hic, c’est que nous l’imposons à nos enfants. Le 2nd hic, c’est que, parce que justement ce sont des enfants, ils n’ont absolument pas la même notion du temps que nous ! Alors d’une, on les stresse à tout le temps leur demander de se dépêcher ; de deux, et c’est ce qui rend la chose encore plus grave, ils ne sont absolument pas en âge de comprendre pourquoi tant de pressions.

Comment s’en sortir ? Posons-nous les bonnes questions. Est-ce que ce sera si grave, si on arrive avec 5 minutes de retard ? est-ce que de toutes façons, il n’y a pas plein d’éléments autour de nous qui risquent de venir contrecarrer nos plans, quoiqu’on fasse (les embouteillages, le retard de la personne avec qui on a rendez-vous, …).
Demandons-nous si on ne peut pas réduire notre charge au quotidien ? n’a-t-on pas trop d’activités ? est-ce qu’on n’est pas juste, à courir tout le temps, en train d’essayer de fuir quelque chose qui nous fait peur ? (passer du temps en famille sans emploi du temps prédéfini, c’est soulever une question fatidique : qu’est-ce qu’on va faire aujourd’hui ? ça fait peur, mais tournez-le autrement, ça peut juste devenir super excitant, puisque tout est possible !)
Avec toutes ces réflexions, vous devriez aisément réussir à réduire vos charges d’emploi du temps au quotidien.
Enfin, il existe une pléthore de choix organisationnels : le « batch-cooking » vous libère du souci des repas en préparant tout une semaine à l’avance ; divers logiciels ou applications vous proposent de gérer votre emploi du temps à votre place, etc. Tout simplement, vous pouvez aussi vous faire aider, en passant parfois le relais : les amis, les membres de votre famille peuvent venir jouer avec les enfants un mercredi s’ils en ont envie ;
n’hésitez pas à impliquer les enfants, sans les stresser ni leur mettre la pression, mais en les investissant de responsabilités, qui les raviront parce que ça les valorise en tant qu’individu capable (préparer le sac de rando, une liste de courses pour un anniversaire entre copains, les vêtements du lendemain, etc). Vous serez surpris de leurs capacités. Organisation, et relais.

 

Jugement d’autrui

Voilà bien un de ces éléments cruciaux de nos sociétés modernes : le regard d’autrui.
Le regard de l’autre peut être public :
Quelle maman ou quel papa, lors de situations déplaisantes avec leur enfant (crises de colère ou même simples pleurs), ne s’est pas préoccupé(e) de ce que les gens autour d’il/elle allaient penser, parfois même avant de se demander ce qui pouvait ainsi secouer leur tout-petit ?
Ou bien le regard d’autrui peut être dans le cercle familial et relationnel :
Pourquoi faites-vous l’IEF ? pourquoi optez-vous pour un accompagnement respectueux sans VEO plutôt qu’une éducation classique ? etc.

En public, on sent le regard des autres posé sur nous, en attente : comment va réagir ce parent ? va-t-il crier ou s’énerver contre son enfant, ou au contraire adopter une posture plus rassurante qui calmera l’enfant ? (ne sommes-nous pas, pour la plupart d’entre nous, avides de trouver des solutions faciles et émotionnellement correctes pour tout le monde ?).
En privé, on se trouve confronté à l’incompréhension et l’ignorance (au sens manque de connaissance) des gens qui nous entourent, qui sont souvent englués dans un système ancestral qui, pensent-ils, a fait ses preuves.

Si le regard de l’autre n’est pas forcément en posture de jugement, c’est néanmoins ainsi que le parent exposé va le percevoir. Cela ajoute au stress du moment, et peut influer plus ou moins négativement sur la réaction du parent face au comportement de l’enfant. On peut par exemple, ce sera souvent le cas, parer à ce qui nous semble le plus urgent – se libérer du regard d’autrui – plutôt que de veiller à ne pas bousculer ou blesser l’enfant – qui, ne l’oublions pas, vit lui-même un moment difficile, où il a besoin d’aide.

Comment alors se libérer du regard de l’autre, et se retrouver disponible à 100% pour aider notre enfant ?

Pensez en premier lieu au bien-être de votre enfant. En public, imaginez-vous dans une bulle, juste lui et vous, et réagissez selon vos principes : écoute empathique, accueil de l’émotion. En privé, prenez le temps d’expliquer votre posture, et pourquoi vous l’avez choisie. Le monde entier gagnera à ce que les parents choisissant le chemin nVEO, la CNV (Communication Non Violente), l’écoute active, etc, partagent avec d’autres leurs connaissances et expériences. Compréhension, soutien, partage.

 

Instabilité financière

C’est hélas aussi une des raisons pour lesquelles il est difficile de garder une posture nVEO au quotidien, malgré toute la bonne volonté du monde. Pour beaucoup de familles, l’avenir est incertain, et l’insécurité est grande. Elle ronge les parents au quotidien, eux qui aimeraient tant ne pas avoir ce poids dans leur vie, et être certains de pouvoir toujours subvenir au mieux aux besoins de leurs enfants. Malheureusement, c’est chose quasiment impossible, à part pour quelques rares privilégiés.
Il est parfois bien difficile de garder son calme lorsque, par exemple, les enfants « jouent » avec la nourriture, et la « gaspillent » – ça, c’est notre point de vue de parent qui vit des fins de mois difficiles. L’enfant lui, ne voit pas du tout en quoi ce qu’il fait peut être gênant : il découvre, tout simplement.

C’est un des domaines où la rigueur et les difficultés de la vie de parent, responsable de la vie des enfants, se voient confrontés à la candide innocence des plus petits.

Ce dossier très complet nous accompagnera, nous, parents responsables, à mettre des stratégies en place vers l’équilibre budgétaire.

 

Mal bouffe, stress

Le stress lié à l’alimentation n’est pas une utopie, pas plus qu’il n’est une fatalité. L’enfant le subit directement : son propre stress, lié à ses propres apports alimentaires. Ne négligeons pas l’impact dramatique des colorants et conservateurs dont la nourriture industrielle destinée aux enfants regorge. Il y a également notre propre stress, lié à nos propres apports alimentaires, qui va rejaillir sur nos enfants parce qu’inconsciemment cela influence notre comportement, mais aussi parce que l’enfant le ressent à travers l’impact des neurones-miroirs (ce qui induit une imitation de comportement).

Le stress est aussi dans notre vie quotidienne, lié à notre rythme de vie (cf « la pression du temps »), à notre mode de vie, ainsi qu’à notre environnement. On peut tous faire des efforts pour modifier nos rythmes et modes de vie, en gardant en tête que cela se fait pour le bien-être de nos enfants. Nous pouvons aussi modifier notre environnement. Par exemple, travailler à éliminer les personnes toxiques de notre entourage (par exemple, celles qui pratiquent les VEO : n’oublions pas que les enfants retiennent essentiellement ce qu’ils voient, plutôt que ce qu’on leur dit (“faire la morale”), et au contraire veiller à s’entourer de personnes qui partagent les mêmes idées et valeurs que nous – plus on s’entourera de personnes véganes par exemple, plus il nous sera facile de devenir végans. Parce que nous aurons des exemples concrets sous les yeux, et parce que le cerveau humain, et a fortiori le cerveau de l’enfant, de par l’impact des neurones-miroirs, aura tendance naturellement à reproduire un comportement qu’il a souvent sous les yeux. A nous, parents responsables, de mettre des stratégies en place vers une meilleure Alimentation, ainsi qu’un meilleur Environnement.

 

Pourquoi j’agis avec violence avec mon enfant, et quelles solutions pour changer ?

Voici d’abord un petit exercice à réaliser afin de vous aider à gérer votre montée de stress au moment où elle survient, puis à en identifier l’origine – car non, le comportement de l’enfant n’est pas la vraie raison, il en est seulement l’interrupteur.
Je sens la colère monter en moi : je m’éloigne de mon enfant afin de le mettre en sécurité. Puis je me pose et je respire. J’ai besoin de retrouver mon calme et l’efficacité de mon cerveau pour accompagner mon enfant, qui, bien loin d’avoir un comportement déraisonnable comme le pensent souvent les adultes, vit lui aussi un moment difficile. Je peux voire un verre d’eau, ouvrir une fenêtre, faire un moment de yoga ou de méditation, me concentrer sur une photo de mon enfant quand il était bébé, ou un moment particulièrement heureux que nous avons passé ensemble.
Je mesure le stress que j’endure : Est-ce qu’il m’envahit totalement, est-ce qu’il est momentané, spontané, unique, nouveau ou plutôt répété, récurrent ?
J’analyse mes réactions : j’essaye de savoir si c’est la première fois que je stresse pour cette situation, s’il y a des facteurs déclenchant récurrents (la présence d’un autre adulte, un moment précis de la journée, un lieu, etc).
Je m’autorise un moment d’auto-empathie. Je prends conscience des sensations que j’éprouve dans mon corps lorsque je suis envahi.e par cet automatisme. J’essaie d’identifier mes besoins, j’en dresse la liste par écrit. Je pourrai ainsi à tout moment relire cette liste, et ainsi mieux comprendre mes besoins, et tout mettre en œuvre pour y répondre, afin d’éliminer la frustration qui mène à la colère.
Je mets en place une stratégie, en rapport avec la situation stressante. J’ai hiérarchisé mes besoins et je m’organise pour y répondre. Par exemple : je demande à mon.ma conjoint.e s’il est possible d’avoir une conversation, un moment en tête à tête, ou bien je repense à ma propre éducation et me questionne sur la façon dont mes propres parents réagissaient lorsque je criais, et sur la façon dont je réagissais quand à leur tour ils criaient, etc

Quelques astuces pour nous calmer sur l’instant T

Voici quelques outils de régulation du stress pour un parent :

  • Boire de l’eau ;
  • Faire un câlin (à mon enfant, à mon mari, à un animal : les caresses déclenchent une production d’ocytocine, l’hormone de l’amour et de la socialisation) ;
  • Me connecter à la Nature (regarder les arbres par la fenêtre, sentir des fleurs, toucher une plante, penser à un environnement vert, se promener en forêt). Cela apaise énormément, les études scientifiques ne cessent de le prouver ;
  • Faire des exercices physiques : courir, sauter (sur place ou sur un trampoline), réaliser une posture de yoga ;
  • Danser, chanter ;
  • Crier en chantant, crier dans un coussin (en absence des enfants) ;
  • Faire des exercices de respiration, souffler dans une paille ;
  • Compter ;
  • Réaliser des mouvements répétitifs.

Voici quelques outils de gestion de situation problématique et stressante (pour un couple) :
L’avantage lorsque l’on est en couple, ce qu’on peut se passer le relais en cas de situation problématique. Cela doit être clairement établi et convenu d’avance. C’est le parent qui a le plus de ressource et qui est le plus calme à l’instant T, qui sera le plus apte à accompagner l’enfant.
Lorsque le couple est confronté à une situation difficile qui nécessite un accompagnement de l’enfant, si l’un des parents se sent submergé par le stress, il doit immédiatement le signaler à l’autre parent, et se positionner en retrait pendant que celui qui reste prend le relais et réconforte l’enfant. Cela peut se faire grâce à un code secret, utilisé dès que l’on sent que la colère monte, monte, monte… : « Je me sens en zone jaune, … je me sens en zone orange… haaa zone rouge ! Prends le relais stp ! ». L’idéal étant que le parent qui se sent comme ayant le plus de ressources, réagisse dès qu’il entend “zone jaune”, afin que l’autre parent n’atteigne pas la zone orange, et encore moins la rouge, car c’est justement à ce moment-là qu’il risque de devenir violent et de dire ou faire des choses qui font mal et qui seront regrettées par la suite.
Le parent qui se sent stressé pourrait aussi dire « je me retire », et le parent le plus apte à accompagner l’enfant pourrait répondre « fais-moi confiance » ; ainsi le parent stressé pourrait aller se ressourcer sereinement, sans s’inquiéter pour leur enfant.

Comment adopter une posture sereine durable ? (Développement personnel)

C’est à nous, parents responsables, de trouver l’approche parentale qui nous correspond le plus, et d’entamer les démarches nécessaires pour évoluer de manière durable vers un accompagnement respectueux. Ces démarches peuvent être multiples, en voici quelques exemples :

Thérapies classiques (longues)

On peut passer par ces méthodes les plus connues, à condition de trouver un professionnel qui ait adopté une posture nVEO, sinon la thérapie risque d’échouer voire de causer davantage de mal, les psys ayant souvent tendance à idéaliser les parents et à leur trouver des excuses (rapport à leur propre histoire personnelle). N’hésitez pas à poser des questions au psy avant d’entamer la thérapie, vous trouverez une très bonne liste de suggestions sur le site internet d’une spécialiste en la matière, Alice Miller.
Vous pouvez aussi chercher des praticiens ayant les compétences suivantes :
Pour un psychologue : connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement ;
Pour un psychothérapeute : troubles psychiques ou somatiques (et psychosomatiques) par des procédés psychiques : psychanalyse et pratiques dérivées.
Ces thérapies peuvent être contraignantes et longues. Il peut être difficile de se confier à l’oral. Mais, elles peuvent changer la vie de votre famille.

Thérapies brèves

On peut passer par ces outils, à condition là encore de trouver une personne qui soit nVEO. Ces thérapies sont rapides. Il s’agit en général d’exposer une problématique en une seule ou en quelques phrases, en début de séance. On fait ensuite le point sur les sensations vécues en fin de séance.

  • Hypnose
  • Sophrologie
  • EFT (Emotional Freedom Techniques = techniques de liberté émotionnelle)

Soins énergétiques

Ces soins sont parfaits pour garder une certaine pudeur ! Il y a en général seulement besoin d’exprimer un souhait intérieurement, à l’Univers, ou à soi, ou aux deux à la fois. Il ne faut pas hésiter à laisser les larmes couler pendant le soin et penser à boire beaucoup d’eau pendant les jours suivants !

  • Reiki
  • EHS (Ecoute Holistique Sensitive)

    Lectures

Nous conseillons de lire de nombreuses lectures nVEO, pour enrichir nos connaissances au niveau du développement du cerveau de l’enfant. Cela aide à comprendre pour ensuite appliquer.

Vidéos

Si lire des livres nous semble trop longs, il existe également des vidéos, ainsi que des conférences sur Youtube qui résument assez bien les recherches récentes.

Communauté

On peut trouver de très bons conseils au sein de forums nVEO.
Nous conseillons le fabuleux groupe facebook : Enfances Epanouies – Échanges et conseils sans VEO (pensez à remplir le questionnaire d’entrée !)

Parrain / Marraine (ou ami.e.s) nVEO

Nous pouvons mettre en place un échange quotidien avec une personne nVEO. Soit nous avons la chance d’avoir directement un.e ami.e nVEO présent.e pour échanger avec nous chaque jour, soit nous pouvons trouver une marraine ou un parrain nVEO sur un forum de parentalié nVEO.

Accompagnement parental (coach certifié formé en nVEO)

Cela se fait de plus en plus, il existe dorénavant des personnes dont c’est le métier. Elles nous accompagnent en général au travers d’une dizaine de séances, pour nous aider à changer de posture, en s’appuyant sur les recherches récentes en neurosciences.

 


Nous espérons que ce dossier pourra vous aider à évoluer vis à vis de votre posture parentale. Nous ouvrons le débat à l’occasion de la journée de la non-violence éducative sur les réseaux sociaux VEF, nous serions heureux d’en discuter avec vous.
Si vous souhaitez nous aider ou nous remercier, cela nous ferait très plaisir que vous partagiez notre article.

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