Bon plan IEF #1 : Testez gratuitement le programme de remise à niveau Frantastique

On ne peut pas dire que la langue française soit un cadeau. C’est un véritable méli-mélo de langues latines, grecques et germaniques. Les Français ont énormément de mal à en appliquer les règles. Alors que dire des allochtones qui souhaitent s’initer à la langue de Molière ! Aujourd’hui, le français est à la deuxième langue apprise dans le monde. Sa maîtrise fait partie des soft skills particulièrement appréciés par les recruteurs de la Francophonie et d’ailleurs.

Vous ressentez le besoin de perfectionner votre niveau de français ? Prendre des cours du soir ? Trop peu pour vous ! La nuit tombante, vous n’avez qu’une seule envie : plonger dans votre lit. Suivre une formation intensive sur le long terme ? Trop coûteux et franchement, vous n’avez pas le temps !

Ce bon plan va vous intéresser : le site Frantastique vous propose des cours de langue française en seulement 15 minutes par jour. Que vous soyez natif francophone ou résident d’un pays étranger, cette formule s’adapte à tous.

La formation Frantastique, mode d’emploi

De bon matin, vous recevez un mail avec un contenu riche décliné avec différents accents. Il se compose d’écrits et de supports audios et/ou vidéos. Suivez les aventures de Victor-Hugo. Plongez dans des histoires drôles avec du lexique adapté à la vie quotidienne. Immergez-vous dans le patrimoine culturel à travers des chansons, des extraits de films, le mot du jour, etc. En prime, vous aurez, bien sûr, le droit à des exercices d’orthographe, de grammaire, de vocabulaire, de conjugaison et de compréhension écrite et orale. Continuer la lecture de « Bon plan IEF #1 : Testez gratuitement le programme de remise à niveau Frantastique »

Choix de l’instruction : Subi ou choisi ?

Choix de l’instruction rime-t-il avec désinformation ?

Dès votre naissance, vous avez hérité du mode éducatif parental et sociétal, par l’exemplarité. Puis, vous avez eu vos propres enfants, vous avez pris le temps de faire connaissance avec ce nouveau rôle de parent. Il est possible que vous ayez conservé la même posture que vos parents ont choisi pour vous, soit en partie seulement, en modifiant quelques points, soit en ayant complètement changé et opté pour l’opposé, ou bien encore en faisant un mélange de tout ça et choisi une autre façon (la vôtre !) de voir les choses, tout simplement.

Même s’il est vrai que l’on répète trop souvent les schémas reçus, parce que de vieux réflexes ancrés en nous viennent brouiller nos idées, et cela même si l’on a voulu complètement changer de mode éducatif. Une chose est sûre, vous avez choisi un mode éducatif et vous faîtes de votre mieux selon vos convictions. Avec cela se mélangent également les choix de votre conjoint·e, bien entendu.

Mais pour l’instruction ? Qu’en est-il ?

Est-ce que vous offrez le même genre d’instruction que celle dont vous avez bénéficié ? Selon ce que vous ont inculqué vos parents, est-ce que vous avez suivi par réflexe le même choix pour l’instruction de vos enfants que celle que vous avez reçue ? Est-ce que, comme pour l’éducation, il vous est difficile de sortir du modèle, du schéma parental ? Difficile de s’en défaire ? Pendant qu’ils sont encore enfants, il est alors encore temps de vous poser quelques questions et de faire des recherches sur le sujet. Et si ce n’est pas déjà fait, nous nous en sommes posées pour vous et nous vous partageons nos réponses et réflexions sur ces sujets.

Choisissez-vous ou subissez-vous une instruction pour vos enfants ?

En France, c’est un fait : l’instruction est obligatoire entre 6 ans et 16 ans. C’est donc votre devoir de parents de faire en sorte que votre enfant atteigne -au moins- les connaissances du socle commun à l’âge de 16 ans. Pour cela, vous avez plusieurs solutions qui s’offrent à vous. Votre enfant est-il au courant que plusieurs modèles d’instruction existent ? Lui avez-vous posé la question ? Et vous, êtes-vous au courant de toutes les possibilités qui s’offrent à vous ? Nous vous en présentons quelques-unes d’entre elles : Continuer la lecture de « Choix de l’instruction : Subi ou choisi ? »

Worldschooling : Expérimenter le monde c’est notre salle de classe !

Cette façon de vivre est surement la plus poussée dans le monde de l’informel.

Les familles pratiquant le worldschooling voyagent, vont à la rencontre du monde, découvrent et s’épanouissent à travers le monde entier.

planet-and-people

Le worldschooling combine apprentissage par les expériences et apprentissage par des échanges culturels. Cela engendre une communauté dont les origines couvrent le monde, représentant différentes nationalités, cultures et visions du monde qui comprend des élèves, des aventuriers, des familles de toutes les tailles, des personnes de tous les âges.

Grâce aux différences, les occasions d’apprendre des uns des autres, d’élargir sa vision du monde, de voyager en toute sécurité, d’apprendre plus profondément et de créer des amitiés durables sont plus nombreuses et l’apprentissage collaboratif permet aux worldschoolers de devenir des citoyens conscients à l’échelle mondiale.

Informel/unschooling : La vie en famille, pas d’apprentissages imposés

La plupart des familles qui instruisent en famille de manière informelle ont du matériel pédagogique à disposition des enfants mais ne leur impose pas de temps de travail. L’apprentissage passe par l’enthousiasme, le jeu.  L’enfant apprend de tout, partout et tout le temps, il prend exemple sur son entourage. Cette posture demande aux parents d’être attentifs aux besoins et envies des enfants, et d’y répondre, de préférence, dans la même période.

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Formel : l’école à la maison, homeschooling

Les familles qui instruisent en famille de façon formelle utilisent le plus souvent les services de cours par correspondance, comme le CNEDHattemer AcademyCours Legendre à distancele Cours Sainte-AnneCours du Sacré Cœur, Cours académiquesKerlann, etc.

Il existe également les PACKS IEF de chez Pass éducation. Continuer la lecture de « Formel : l’école à la maison, homeschooling »

La pédagogie Decroly, « Une éducation pour la vie, par la vie »

Rendons-nous chez nos voisins belges pour rencontrer le fondateur de la méthode globale. Ovide Decroly est né dans un milieu bourgeois, en 1871, à Renaix. Il s’intéresse très tôt aux sciences humaines. C’est donc tout naturellement qu’il entreprend des études de médecine avec un intérêt particulier pour le cas des enfants “déficients”.

En 1901, il ouvre sa propre maison à ses petits patients, mentalement diminués, pour fonder  « l’Institut d’Enseignement Spécial – Laboratoire psychologique du Dr Decroly ». Il est convaincu que les enfants atypiques ont les mêmes compétences que les enfants dits “normaux”. La seule différence réside dans leur lenteur. C’est ce qui, d’ailleurs, lui a servi à identifier clairement les étapes de l’apprentissage. En 1907, il crée sa propre école publique, l’Ermitage, au sein de laquelle il transpose sa méthode. C’est un véritable succès.

En 1920, il devient professeur universitaire à Bruxelles et fonde un an plus tard la Ligue Internationale de l’Éducation Nouvelle.

 

Un projet autour d’une idée pivot

Pour notre éducateur, une instruction qui ne s’articule pas autour du quotidien de l’enfant est vouée à l’échec. Les enseignements doivent avoir du sens et doivent pouvoir s’appliquer dans sa réalité. Et le meilleur moyen de le stimuler est de susciter sa curiosité naturelle en faisant appel à sa sensibilité.

 

Les centres d’intérêt

Selon lui, les besoins vitaux du quotidien sont les suivants : se nourrir, se défendre, lutter contre les intempéries et agir. Ce sont ces actions qui définissent le fil conducteur des apprentissages. De ceux-ci, sont extraits les centres d’intérêts de l’apprenant. En général, on retrouve les  thèmes suivants : la famille, l’école, les animaux, les végétaux et l’Homme.

Toutes les activités qui en découlent doivent faire appel à sa sensibilité, sa créativité, ses compétences exécutives et cognitives :

  • Travaux manuels.
  • Travaux de recherche.
  • Sorties en classes vertes.
  • Confection d’un journal.
  • Confrontations des idées.

 

L’objet “surprise”

En début d’année, l’enseignant apporte un objet “surprise”. Il est dissimulé dans un sac. Les écoliers sont intrigués. Ils le palpent, le sentent, le soupèsent et émettent des hypothèses. Que peut donc bien être cette chose ? Une fois qu’elle a été dévoilée, certains comparent, d’autres trient selon l’ordre de grandeur ou de couleurs. La classe en discute, échange ses connaissances et donne son point de vu. Le tout, sous le regard bienveillant du professeur qui observe attentivement la scène tout en suscitant subtilement des questionnements. C’est à partir de ce moment qu’un projet transdisciplinaire se monte. Il se prolongera toute l’année. Continuer la lecture de « La pédagogie Decroly, « Une éducation pour la vie, par la vie » »

Pédagogie de Reggio-Émilie, une approche de l’éducation positive

Giulia Civita Franceschi, Montessori, les sœurs Agazzi et Maurilio Salvoni partagent la même passion pour l’éducation bienveillante. Ils ont tous un point commun. Ce sont de grands pédagogues contemporains italiens. IL n’y a pas à dire, l’Italie est le berceau de la révolution éducative. Loris Malaguzzi, né le siècle dernier, dans une petite ville entre Boulogne et Parme ne déroge pas à la règle. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il a été traumatisé par le fascisme. Il a dédié toute son existence à la lutte contre toute forme de diktat. Il a entrepris de s’attaquer au mal dès sa racine. Voilà pourquoi, toute sa vie, il s’est employé à instruire les générations futures avec des valeurs humanistes et démocratiques. Aujourd’hui, ses principes sont majoritairement enseignés en Asie, dans les pays scandinaves et anglo-saxons.

Une philosophie de vie fortement inspirée des travaux de Maria Montessori

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la similitude entre les 2 approches sautent aux yeux. L’enfant évolue à son propre rythme, dans un environnement riche et dépourvu de tout élément superflu. L’espace est épuré, les petits réfléchissent et jouent mieux avec peu de jeux et de matériels. « Les enfants ont besoin de liberté pour apprécier les infinies ressources de leurs mains, de leurs yeux et de leurs oreilles, les ressources des formes, des matériaux, des sons et des couleurs. » (traduction d’une citation de Loris Malaguzzi). Les outils didactiques sont laissés à sa portée afin qu’il puisse travailler en toute autonomie, sans directives ou contraintes stressantes. Le professeur se contente d’observer, d’interpréter et de fournir les ressources nécessaires à son évolution. Dans les enseignements de Loris Malaguzzi, il y a 3 éducateurs : l’enfant lui-même, l’instructeur et l’espace.
Les ressemblances entre la pédagogie Montessori et Reggio s’arrêtent ici. En effet, cette dernière privilégie :

  • Les jeux à travers « de petits rien » trouvés dans la nature.
  • L’écoute active de l’enfant mis au centre de toutes les attentions. Il est intégré et particpe activement à son éducation.
  • La créativité prise dans son ensemble.
  • Le respect des « 100 langages de l’enfant ».

À noter également que la doctrine de Mr Malaguzzi s’applique uniquement aux jardins d’enfants, aux crèches et s’arrêtent à l’école maternelle. Contrairement aux fondements de notre illustre didacticienne qui s’étendent jusqu’au lycée.

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La pédagogie Steiner-Waldorf

Steiner-Waldorf, une pédagogie axée sur l’art et la spiritualité

Les programmes scolaires se font et se défont sans cesse. Malheureusement, une donnée n’est presque jamais prise en considération : le plaisir d’apprendre. Les écoles classiques perpétuent cette tradition vieillissante qui consiste à calquer les acquis sur une idéologie utopique. Elles ignorent volontairement les faits scientifiques et physiologiques de l’enfant. C’est là que les pédagogies dites alternatives interviennent. Et parmi celles-ci, la pédagogie Steiner-Waldorf. Décriée par certains et plébiscitée par d’autres, ce qui est sûr, c’est qu’elle ne laisse personne indifférent. Cette conception de l’éducation novatrice met en exergue le triptyque : cœur, esprit et corps. Pour Rudolph Steiner, pas d’apprentissage des savoirs sans intérêt, pas d’intellectualisation sans manipulation concrète. Jusque-là, tout va bien. Là où les avis divergent, c’est lorsque le célèbre pédagogue révèle utiliser l’éducation à des fins bien précises. Il rêve d’une société sprituelle détachée de tout matérialisme et basée sur les principes de l’antroposophisme dont il est le fondateur. Pour vous forger votre propre opinion, voici les grands traits de la pédagogie Steiner-Waldorf.

Rudolph Steiner, pédagogue et philosophe

Rudolph Steiner est né dans l’empire Austro-hongrois (l’actuelle Croatie) en 1861. Il quitte le pays et rejoint Vienne pour étudier. Issu d’un milieu modeste, il occupe un poste de précepteur pour financer ses études supérieures. Il adore flâner dans les cafés littéraires et se passionne pour Goethe. Il s’en inspirera pour écrire sa thèse de philosophie à Weimar. D’abord membre de la société théosophique, il la quitte pour fonder, en Suisse, la société antroposophique, un courant ésotérique. Cette doctrine mystique affirme qu’il existe un monde supra-sensible, résidence des pensées, des idées et des concepts. Elle vise à mettre en relation l’humain, le monde et le cosmos sur un plan physique et spirituel. Pour Rudolph Steiner, tous les êtres humains ont des facultés cachées, en sommeil, qu’ils doivent revivifier pour accéder à ce monde invisible. Pour y parvenir, ils doivent se détacher du matériel et revenir à la nature dans ce qu’elle a de plus saine. Une sorte d’apologie du minimalisme et de l’ascétisme.

Il anime de nombreuses conférences, notamment dans l’usine de cigarettes Waldort-Astoria en Allemagne. En 1919, à Stuttgart, il ouvre la première « Libre école Waldorf » laïque et non-élitiste, pour les enfants d’ouvriers. Bien sûr, il y met en pratique les fondements de son idéologie. Le modèle sera étendu à toute l’Allemagne, puis en Europe et dans le monde entier.

Aujourd’hui, ce dogme appliqué au sein d’une école inquiète. Le fait d’inculquer des concepts métaphysiques dès le plus jeune âge entre en contradiction avec les lois de la laïcité. On craint également le repli communautaire. L’eurythmie et les chants oniriques préoccupent la Miviludes qui met en garde contre de possibles dérives sectaires.

Ceci étant dit, nous ne pouvons pas ignorer le fait que les écoles Waldorf-Steiner donnent de très bons résultats. C’est pourquoi, plusieurs de ces établissements sont sous contrat d’association avec l’État. En effet, celles-ci appliquent la méthode sans y inclure les préceptes religieux.

 

Le cycle des 7 ans

Un seul établissement scolaire regroupe tous les niveaux, de la maternelle au lycée. Les écoliers ne subissent donc pas la transition brutale entre l’école élémentaire et le secondaire. Le cursus scolaire se décompose en 3 phases de 7 ans. Chaque cycle est pris en charge par un seul professeur. Donc, au sein d’une même classe, on trouve des élèves de niveaux différents. Cela permet à l’instituteur de connaître parfaitement ses élèves et leur évolution.

 

Les jardins d’enfants, de 0 à 7 ans

Avant l’âge de 7 ans, vous trouverez peu de livres dans une classe de premier cycle. On privilégie les activités manuelles, les jeux, les histoires, les chants et la danse avec une alternance équilibrée entre amusement et concentration. Les matériaux sont naturels et volontairement dépersonnalisés. Par exemple, on peut trouver une poupée en laine sans visage. Ce sera à l’enfant de le façonner pour se l’approprier. On insiste également sur les initiations par imitation et l’apprentissage de deux langues vivantes dès la classe préparatoire.

 

De 7 à 14 ans

Les élèves commencent à appliquer la théorie dans le réel. En fin de cycle, ils effectuent un stage en milieu agricole et font des échanges avec d’autres classes Steiner à travers le monde. L’année suivante, le stage est réalisé en milieu industriel et social.

 

De 14 à 21 ans, place au chef d’oeuvre

C’est la période où ces adultes en devenir entrent dans le monde des idées. Ils s’habituent à combiner leur créativité aux exigences de la société. Les étudiants ont toute une année pour plancher sur un travail artistique, manuel, littéraire, scientifique, technique ou social. Le projet abouti répond au doux nom de chef d’œuvre. Il est composé d’une production écrite et d’une réalisation pratique. L’ensemble est présenté à l’oral devant les parents, les invités et l’ensemble de l’école. Cette activité sert à observer le chemin parcouru, les obstacles rencontrés et les solutions mises en œuvre.

 

Une éducation par le beau

La pédagogie Steiner accorde une place importante aux arts. La créativité n’est pas une matière ludique et facultative. L’enfant doit pouvoir exprimer sa singularité à travers des créations artistiques. D’autant plus qu’elles développent la motricité fine et la coordination œil-main. Les activités sont unisexes. Les garçons s’adonnent au tricot quand les filles s’essaient à la menuiserie. Les expériences sensorielles favorisent l’ancrage des enseignements. Elles permettent également d’affiner l’observation lors d’apprentissages transdisciplinaires.

Un cours de biologie peut très bien se transformer en une leçon de modelage en argile. Par exemple, pour reproduire un crâne, au lieu de se contenter d’un banal schéma, les petits sculpteurs en herbe décortiquent chaque élément pour le reproduire à l’identique. Au premier coup d’œil, nous avons du mal à observer les particularités. Or, lorsque la main se laisse aller à l’expérimentation, l’esprit finit par s’éveiller aux petits détails. L’ambiance est calme et sereine. Les toiles s’habillent d’aquarelles aux teintes pastelles et douces. Les histoires racontées dépeignent une réalité sans violence. Les sons sont harmonieux et les élèves s’exercent à l’art du mouvement. La classe évolue dans le respect de la nature et au rythme des saisons.

Comme vous le voyez, il est très simple de mettre en pratique les principes de la pédagogie Steiner à la maison. Elle ne nécessite pas un gros investissement puisque c’est avant tout une façon de vivre au quotidien. Laissez-vous guider par vos enfants, ils vous étonneront.

 


Illustrations par : @amphigary (instagram) / @amphigary (facebook) / amphigary@icloud.com

La pédagogie Freinet

La pédagogie Freinet, individualisation du travail et coopération dans l’apprentissage

Les guerres dévastent tout sur leur passage. Mais, elles peuvent produire des effets insoupçonnables sur notre perception du monde. La der des der, celle de 14-18, a transformé bien des vies et des mentalités. Et, il y en a un qui n’est pas passé au travers : Célestin Freinet. Ce jeune professeur n’en sortira pas indemne. Il a abandonné son poste pour rejoindre les rangs de l’armée française. Blessé par une balle au poumon, il rentre avant l’armistice et redevient instituteur. Mais l’ancien soldat mutilé n’a plus les mêmes capacités physiques qu’auparavant. Il a le souffle court et fatigue vite. C’est cet événement, combiné à son esprit pacifique, qui changera à jamais sa façon de concevoir l’instruction. L’horreur du conflit mondial et de l’obéissance aveugle et inconditionnelle à une hiérarchie vont nourrir sa pédagogie. Il va bousculer une tradition scolaire centenaire et vieillissante. Au 19e siècle, sonne déjà le glas de l’éducation nouvelle. Fervent militant, il va s’y jeter à corps perdu et fonder l’école moderne ((l’ICEM et le FINEM).

Une coopérative enseignante

Pour le célèbre pédagogue, l’ensemble de la communauté professorale a le devoir de partager ses découvertes, ses succès, tout comme ses échecs. Comment évoluer en même temps que la société quand les instructeurs sont esseulés ? Comment désamorcer des querelles et venir à bout d’une impasse quand on manque d’objectivité ? Ils s’épuisent dans la masse de travail. Nous en faisons l’amer constat tous les jours. Les instituteurs sont désemparés et sombrent dans des dépressions à répétition. Ils ne savent plus comment gérer le stress et venir en aide aux élèves en difficultés. Ils ne progressent plus car ils ne mettent pas en commun leurs expériences. C’est pour cela qu’il n’existe pas de formation, à proprement parlé, pour devenir un professeur dans un établissement estampillé Freinet. Il s’agit plus d’une auto-formation à travers la revue coopérative Le nouvel éducateur et diverses rencontres au sein de l’école ou lors de congrès. Chacun soumet son point de vue aux autres pour mutualiser les acquisitions. Cette micro-société collaborative se retrouve même au sein de la classe Freinet.

Les petits apprenants participent activement à leur apprentissage dans des classes en ateliers autonomes. Chacun y a un rôle bien défini. Les manuels et les cours magistraux sont bannis. Ils sont remplacés par les BD (Bureau de Travail), des exposés, des exercices libres et des discussions. C’est une véritable petite fourmilière où chacun sait ce qu’il a à faire et s’active dans son travail en toute concentration. Ils suivent un plan bien particulier. En effet, il n’y a pas de notes, mais un système de brevets emprunté au scoutisme. Il y a des passations obligatoires (les dominantes fondamentales comme le français et les maths) et facultatives (artiste, mécanicien, nageur…). Il y en a 30 en tout. L’écolier avance à son rythme pour pouvoir, in fine, tous les obtenir. Ils savent où ils en sont et ont envie de réussir, contrairement aux notations qui classent, mais ne font pas progresser. Les élèves sont impliqués dans une dialectique entre travail collectif et individuel.

Redonner à l’enfant l’amour du travail

Tous les enfants ont des possibilités, faut-il encore les mobiliser. À contrario, l’échec face à des difficultés disproportionnées démotive l’étudiant. L’apprentissage est un juste-milieu entre ces deux aspects. Les activités doivent représenter un enjeu, tout en étant accessibles pour ne pas le décourager. Contrairement à des idées reçues, l’éducation active n’est pas un apprentissage faiblard. La curiosité naturelle et l’envie lui donne la satisfaction du travail bien fait. Le cognitif est relié au sensoriel et au psychomoteur. C’est comme cela qu’il se perd dans ses expériences, au point d’étonner bien souvent le professeur. Poussé par ses découvertes, le petit chercheur peut même en oublier son sujet de départ.

L’instructeur est un observateur qui accompagne, tout en veillant au respect des règles. Il s’adapte à sa classe et non le contraire. Céléstin Freinet a déprolétarisé le rôle de l’enseignant et lui a redonné ses lettres de noblesse. Son handicap lui a fait comprendre qu’il doit se positionner comme un assistant et non un transmetteur de savoir tout puissant. Pour se faire, il a mis à la disposition des plus jeunes, les outils des adultes. L’un des plus emblématiques est l’imprimerie. Elle symbolise l’expression libre et mène à la voie de l’émancipation. Le journal est lu par l’ensemble de l’école et envoyé dans d’autres institutions (correspondance inter-scolaire). Un véritable programme d’échanges est mis en place. Les enfants acquièrent le sens des responsabilités et la confiance en soi. Ces habilités leur prouvent qu’ils peuvent mener à terme des projets, si minimes soient-ils. Cette compétence a pour but de les accoutumer à leur vie future.

Préparer la société démocratique de demain

Pour Célestin Freinet, l’enfant doit exercer son esprit critique, être libre et non-conformiste. Il avait l’habitude de dire que “L’école n’est pas là pour former des bénis oui-oui”. Les moyens d’arriver à un but prédéfini sont nombreux. Le plus important est de cultiver sa singularité et son individualisme, toujours dans le respect de son prochain. Cette vision de l’éducation n’est pas sans rappeler celle de Steiner. Il est réfractaire à toute forme de catéchisme religieux ou politique. Les apprentissages doivent pouvoir s’appliquer extra-muros et préparer les petits à leur vie d’adulte. Pas seulement dans le cadre professionnel, mais aussi émotionnel et social. Les projets transdisciplinaires sont réalisés par groupes de 3-4 protagonistes. La fin de l’année scolaire donne lieu à une exposition réservée aux parents.

En conclusion, nous disons qu’il est plutôt compliqué de pratiquer les fondements de cette méthodologie à la maison. En effet, elle est fondée sur la collaboration et les projets communs… à moins que vous soyez une famille nombreuse ou que vous fréquentiez régulièrement d’autres familles IEF (Instruction En Famille) !

Par contre, il est intéressant de transposer cette correspondance enseignante en la transformant en une entraide communautaire. Elle est déjà très active via les réseaux sociaux, mais elle pourrait être améliorée. Vous pouvez encourager votre enfant à argumenter au sein de son propre foyer et se lancer sur divers desseins.


Illustrations par : @amphigary (instagram) / @amphigary (facebook) / amphigary@icloud.com