Le rôle du père

Article et données mises à jour le : 30 juin 2020

En France, jusque dans les années 80, les pères étaient interdits de séjour en salles d’accouchements. Aujourd’hui, c’est l’inverse : c’est très mal vu s’ils n’y sont pas présents. Le père autrefois rejeté se voit aujourd’hui confronté à une pression énorme, qui ne laisse pas de place à ses propres affects et ressentis, ses envies, ses appréhensions. Ce qui est assez logique finalement : c’est ce que le conditionnement social dicte aux hommes depuis des siècles. Un homme ne doit pas laisser apparaître ses sentiments, ne doit pas montrer de signes de faiblesse. Tout petit déjà, on lui a appris qu’un homme, ça ne pleure pas. Un homme c’est fort, quoi qu’il arrive. C’est comme ça. Tous en souffrent.

Et parmi ceux qui souffrent, il y a ceux qui portent un masque, qui sont dans le déni, et qui exposent ça en se cachant derrière la fierté. Ils en sont fiers, ou du moins essaient de le faire croire. Pour ne pas avoir à exprimer leurs émotions, justement. Se mettre à nu, c’est accepter que les autres sachent qu’on a souffert/qu’on souffre encore. Alors voilà : les hommes n’expriment pas leurs émotions de peur qu’on découvre qu’ils en ont été réprimé -de leur droit à l’expression. C’est un cercle vicieux. Dans lequel la plupart des pères d’aujourd’hui embarque malheureusement aussi leurs enfants. La chaîne doit être brisée.

Eddy De Pretto, un artiste que nous apprécions beaucoup, a vécu, subi, écrit et chanté sur le sujet. Voici certains des thèmes qu’il a abordé, avec classe et justesse :

Bernard This et l’amorce du changement

Bernard This était un fervent défenseur du rôle du père et de l’importance de ne pas nier la paternité : selon lui, un bébé se fait, véritablement, à deux. Dans les années 50, This étudia nombre de cas dans des hôpitaux parisiens, et lança des questionnaires. Cela l’amena rapidement à annoncer que « 98% des pères » souhaitaient, déjà à l’époque, assister à l’accouchement, ce qui lui valut les foudres de ses pairs et du Conseil de l’Ordre des Médecins. Il était un peu trop précurseur pour son époque, et ses détracteurs, afin de ne pas laisser les pères entrer dans les salles d’accouchements, se réfugièrent derrière l’excuse des risques microbiens. Néanmoins, Bernard This campa sur ses positions, à travers de nombreux articles et des ouvrages très critiqués – « Naître » (1972), « Neuf mois dans la vie d’un homme », « Naître et sourire » (1977), « Le Père : acte de naissance » (1980). En 1979, il créa avec Françoise Dolto la 1ère Maison Verte à Paris, centrée sur l’accueil des enfants âgés de 0 à 3 ans et des parents. Des maisons qui s’opposent radicalement aux « pôles couples-enfants » proposés dans la plupart des hôpitaux français aujourd’hui : comme si le corps médical classique cherchait encore à nier la place du père.

Traditionnellement on l’a vu, les grossesses étaient l’apanage des mères, une affaire de femmes. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Faire un enfant est un vrai projet de vie, une décision prise à deux (en théorie parfois, de plus en plus en réalité) : un projet de couple. Il ne s’agit plus uniquement du duo mère/enfant, mais bien d’un trio : maman, papa, bébé. Tout est fait pour inciter le père à participer à l’aventure de la grossesse. Il lui est fortement conseillé d’assister aux échographies et autres rendez-vous gynécologiques, et les publicités marketing l’incluent dans le tableau autant que possible : il existe même en proposition à la vente toute une variété de porte-bébé conçus spécialement, exclusivement, pour les hommes. Dans un autre registre, on peut également évoquer la loi pour l’égalité hommes/femmes en matière de congés parentaux, votée au Sénat en 2013.

∙ Trouver sa place

Chez de nombreuses espèces animales, l’attachement au père ne se fait tout simplement pas. Chez les humains, cet attachement est long et progressif. Pour les pères, il n’y a pas les mêmes déclenchements hormonaux qu’avec la mère. A la naissance, les pères sont souvent déstabilisés par l’osmose entre la mère et l’enfant, et ont du mal à trouver leur place – et même à savoir qu’ils en ont une, et qu’ils doivent la prendre – là encore, les poids environnementaux -sociétal et familial- peuvent parfois être très lourds.

La conjugaison des temps passés avec les deux parents est pourtant très enrichissante pour l’enfant, puisque mères et pères n’ont pas les mêmes comportements ni les mêmes façons de faire. Pensons au concept du continuum : si la Nature a prévu deux êtres pour en créer un 3ème, il y a bien une raison, qui ne peut pas se limiter à de la biologie. Être père, ce n’est pas juste être un géniteur.

Il est donc important de permettre au père et au nourrisson de se rencontrer au plus vite après la naissance, afin de veiller à bien instaurer le lien dès les premiers jours et de bénéficier aussi du fabuleux taux d’hormones post-naissance. Inutile de stresser : chaque nouveau parent apprend en même temps que son enfant. Les maladresses ne doivent pas générer de la honte, ou des « je n’ose plus » – elles sont le fait de tout le monde.

∙ Paterner, c’est possible dès le début de la grossesse

Contrairement à la femme, le père ne vit pas le changement corporel et hormonal qui permet de prendre conscience de la grossesse et de la prochaine venue au monde de l’enfant. Il peut néanmoins s’impliquer dans la grossesse, en accompagnant aux échographies, à des cours de préparation ou d’accompagnement à l’accouchement, en faisant des massages apaisants, ou encore des marches accompagnatrices où il pourra par exemple faire des exercices respiratoires avec la maman. Et puis bien sûr il y a l’haptonomie, ou l’art de communiquer, par des caresses, le son de la voix et des jeux sur le ventre de la mère, avec le fœtus in utero – qui perçoit très bien si la main qui caresse est celle de sa mère, ou de quelqu’un d’autre. Le père a aussi une place importante à prendre dans la fabrication du nid qui accueillera l’enfant. Enfin, selon de récentes études scientifiques, l’impact du rôle tenu par le père sur le développement du cerveau de l’enfant serait aussi important que celui tenu par la mère.

Comment et pourquoi paterner ?

Prenez le temps d’assurer et de savourer pleinement vos fonctions paternelles. Un père peut, tout comme une mère, appliquer les principes du maternage proximal. Bien sûr, il ne peut pas allaiter, mais il peut participer à l’allaitement :

  • En s’installant auprès de la maman qui allaite : il peut guider bébé vers le sein, caresser bébé pendant la tétée, prendre soin de lui quand la tétée est terminée, etc.
  • En donnant du lait maternel tiré au préalable ;

Le père peut également pratiquer les autres aspects du maternage proximal :

  • Le peau-à-peau ;
  • Le co-dodo – même sans la maman qui, si cela convient au bébé/bambin, peut ainsi s’octroyer de temps en temps une sieste de sommeil par exemple, à condition bien sûr que le papa ait les ressources pour veiller à la sécurité et au bien-être du bébé ;
  • Le portage, qui est un instant privilégié et essentiel durant lequel le bébé ne se sent pas seul, dort mieux, régule sa température grâce à la proximité avec le parent, digère mieux et s’éveille au monde en observant les gestes au quotidien du parent qui le porte (d’où les multiples enrichissements quand bébé est porté à la fois par son père et sa mère : il bénéficie de deux points de vue différents sur la vie, et la façon de la vivre) ;
  • L’HNI (Hygiène Naturelle Infantile) et/ou le change, le bain ;
  • La LSF (Langue des Signes Française) et/ou les gestes et paroles, avec tendresse et douceur.

Le père participe ainsi, lui aussi, à l’établissement de la sécurité affective de l’enfant. Il se pose comme figure principale, tout comme la mère. L’enfant peut avoir plusieurs ports d’attache. L’enfant va savoir vers qui se diriger en fonction de sa demande, de son besoin. Le père ne prend pas la place de la mère dans le quotidien du bébé, pas plus qu’il ne met en danger sa place dans le cœur de l’enfant (encore une idée issue d’un conditionnement sociétal) : bien au contraire, il la complète.

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Le maternage proximal

Le maternage proximal, c’est quoi ? 

C’est une philosophie d’accueil du bébé, radicalement opposée aux habitudes ancrées dans nos sociétés qui relèvent plus d’un maternage distal : c’est-à-dire ne pas trop s’occuper d’un bébé, le laisser pleurer, ne pas le laisser dicter les horaires de prise alimentaire, de sommeil, etc – en somme, ne respecter ni ses besoins primaires ni son rythme biologique, au profit du confort parental. 

A contrario, le maternage proximal prône une présence quasi permanente de la mère, et des soins abondants (à volonté). C’est une nouvelle tendance qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années, à la faveur notamment de la diffusion des découvertes des neuroscientifiques en matière de développement de l’enfant, particulièrement de son cerveau.

Le maternage proximal, c’est prendre grand soin de l’enfant, le sécuriser, le consoler, le câliner, lui prodiguer des gestes tendres, parler d’une voix douce, l’apaiser, le regarder avec amour. C’est suivre son instinct, écouter son cœur, ses besoins et ses envies de maman, au lieu de se laisser influencer par le conditionnement social, les paroles et le regard des autres – qui conservent aujourd’hui encore un poids énorme dans nos sociétés occidentales.

Le but de cette philosophie de vie est de maintenir le bébé le plus longtemps possible dans une sorte de cocon qui facilite la transition entre le monde réel et le paradis de la bulle utérine. Elle s’appuie sur la théorie de l’attachement développée par John Bowlby dans les années 60.

Prolactine : l’hormone du maternage

La prolactine est l’hormone phare du maternage. Elle initie et maintient la lactation. Elle diffuse l’amour maternel au nouveau-né, en étroite association avec l’ocytocine – il y a donc danger si l’ocytocine est réduite ou fait défaut.

Pour plus d’infos sur l’ocytocine, voir nos articles : Accouchement physiologique et « maternités Nature » et La séparation à la naissance : pourquoi il faut l’éviter.

Cette hormone est très ancienne, on la retrouve chez les mammifères mais aussi chez les ovipares : c’est par exemple cette hormone qui entraîne la construction du nid chez les oiseaux, ainsi que les comportements agressifs de protection des petits chez la plupart des animaux. Notons aussi qu’à la naissance, elle participe à la maturation des poumons du nouveau-né.

Réponses aux critiques du maternage proximal

Les principaux points du maternage faisant l’objet de critiques sont : 

  • Répondre systématiquement aux pleurs du bébé – contrairement à l’adage classique, laisser pleurer bébé ne l’aide absolument pas à se faire les poumons. Au contraire, cela entraîne un afflux d’hormones toxiques et destructrices dans le cerveau. Le bébé apprend que s’exprimer ne sert à rien puisque ses besoins primaires ne sont pas remplis malgré ses multiples appels.  Il va avoir tendance à se renfermer sur lui-même, à devenir « l’enfant sage » qui devrait tant inquiéter les parents, plutôt que de les réjouir. En revanche, répondre aux pleurs du bébé, c’est subvenir à ses besoins fondamentaux (ce à quoi on s’engage quand même quand on décide de faire un enfant, ou de le garder en cas de grossesse surprise). C’est aussi favoriser le maintien et le développement du lien avec la figure d’attachement – conditions primordiales à la création de la sécurité affective, sans laquelle un enfant ne pourra s’intégrer au monde.
  • Le porter à la demande – la proximité avec la figure d’attachement rassure considérablement le tout-petit qui n’est pas encore prêt à affronter le monde, se retrouvant propulsé dans le grand et effrayant inconnu après la chaleur confortable, rassurante et exclusive de la vie intra-utérine. Cela lui permet de s’endormir apaisé et sécure – or, le sommeil du bébé a une importance considérable dans son bon développement corporel et cérébral, il est donc essentiel d’en préserver la qualité et de veiller à ce que l’enfant dorme en quantités suffisantes. 

Le portage permet en outre d’inclure bébé dans les activités parentales, ce qui permet d’éveiller son intérêt tout en lui permettant de ne pas se sentir isolé. Attention simplement, quand bébé grandit, à penser à lui ménager des temps où il peut s’éveiller au monde dans un autre espace.

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Accouchement physiologique et « maternités Nature »

La physiologie

C’est une des nouvelles sciences modernes, dont l’étude n’a commencé qu’après les années 50. Elle prend sa source dans les théories de naissance non violente développées par Frédéric Leboyer et Bernard This. Un des principaux avocats de l’accouchement physiologique est d’ailleurs Michel Odent, qui fut élève de Leboyer. Il décrit ses idées dans son livre « L’amour scientifié », paru en 1999. Un ouvrage particulièrement intéressant et interpellant, qui nous apprend bien des choses sur les secrets de l’accouchement au naturel, et notamment sur l’impact du fonctionnement du cerveau et des hormones.

La physiologie concerne donc aussi bien l’évolution corporelle, notamment des tissus mous (comment réagit le corps de la femme, si l’anesthésiste ne s’en mêle pas, et si le gynécologue n’impose pas ses principes), que les phénomènes chimiques (déploiement d’hormones au niveau du cerveau) qui sont absolument fondamentaux si l’on veut comprendre et respecter le processus naturel.

La physiologie c’est, pour reprendre la définition d’un célèbre dictionnaire français, « la science qui étudie les fonctions normales des organes et des tissus des êtres vivants ». Par « normal », on entend ce que la Nature avait prévu pour l’humain, pas ce que la médecine a développé et considère aujourd’hui comme normal – par exemple, la position gynécologique « normale » recommandée, pour ne pas dire exigée, dans les salles d’accouchement classiques, n’a rien de naturel. Autrement dit, la physiologie obstétrique, telle que la décrit et la développe Odent dans son livre, c’est étudier ce que la Nature a prévu pour les femmes qui accouchent.

Odent insiste particulièrement sur l’impact du néo-cortex, et en quoi les techniques d’accouchement classiques favorisent sa pleine action. Le néo-cortex est sur stimulé et mis en alerte par les salles d’accouchement classiques, il provoque des décharges d’adrénaline qui viennent contrer, freiner voire stopper les afflux d’ocytocine. L’inhibition néocorticale est propre à l’espèce humaine : elle est la seule, parmi tous les mammifères, chez qui le néo-cortex est si développé. La physiologie préconise de neutraliser, le temps de l’accouchement, ce néo-cortex, afin de revenir à des méthodes d’accouchement anciennes et naturelles. Tout doit être mis en œuvre pour cet endormissement du néo-cortex, et pour que la femme parturiente entre dans un autre état de conscience, « dans un autre monde », oublie les acquis et les exigences sociaux, et retrouve un comportement instinctif plus proche de l’animal.

Plus proche de nous dans le temps, les observations de Bernadette de Gasquet ont également participé au développement de ces nouvelles pratiques plus respectueuses. B. de Gasquet est professeur de yoga et auteure renommée spécialisée dans la féminité et les différents aspects, notamment physiologiques, de la maternité. Elle préconise entre autres de ne pas imposer de position à la femme accouchant, et surtout pas la position gynécologique classique qu’elle présente comme étant absolument anti-naturelle et même dangereuse (puisqu’elle favorise la détérioration du périnée et la descente d’organes).

La physiologie va à l’encontre de toutes les influences historiques et culturelles qui interfèrent avec l’accouchement. L’accouchement physiologique est l’exact opposé de l’accouchement médicalisé, assisté, contrôlé. C’est un accouchement libre, respectueux, naturel, autonome et spontané.

Les salles nature

femme debout dans salle accouchement

Ces dernières années, un sursaut de conscience étreint de plus en plus de mères et de praticiens, ce qui a favorisé le développement de salles Nature dans les maternités, où l’on pratique des accouchements physiologiques, respectueux, avec des pratiques moins médicalisées, moins technicisées, et plus proches d’un accouchement naturel.

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La séparation à la naissance : pourquoi il faut l’éviter

Vivre ensemble : un sens et un besoin innés

Tous les êtres humains naissent avec la soif de rencontre et de relation avec l’autre. C’est un sens inné. Tous les êtres humains naissent avec le besoin de se sentir aimés, écoutés, respectés, reconnus en tant qu’individu, avec toutes ses particularités. Le nouveau-né n’échappe pas à cette règle, et c’est avec ces désirs profondément ancrés en lui qu’il vient au monde. Naturellement, c’est chez les adultes que le bébé va chercher ce dont il a besoin, et en premier lieu, chez la personne qui prend soin de lui au quotidien, le nourrit, répond à ses besoins primaires. Cette personne deviendra sa figure d’attachement, selon la théorie développée par John Bowlby dans les années 60.

Le nouveau-né cherche donc le contact, la relation, et il a déjà en lui toutes les capacités pour nouer la relation. Avant de savoir parler, avant même de (peut-être) communiquer par des signes, le tout petit sait s’exprimer : il sourit, il a des expressions, des mimiques, des regards, il fait des gestes, il émet des sons particuliers, il pleure, etc. Chacun de ces éléments a une signification qui lui est propre : je suis triste, je suis en joie, j’ai besoin de contact avec toi, j’ai sommeil, j’ai faim, j’ai peur, etc.

Bonding ou lien d’attachement

Cela a été prouvé à de multiples reprises lors d’observations scientifiques sur les mammifères : c’est bel et bien durant les premières heures de l’existence que se crée le lien avec la mère, le fameux « bonding », ce lien d’attachement fort, qui durera toute la vie, et posera chez l’enfant les bases de la sécurité affective, et donc de ses relations sociales.

Lors de l’accouchement et à la naissance, la mère et le bébé possèdent leur propre sécrétion d’endorphines. Ils restent tous deux, sauf mauvaises conditions d’accouchement, sous l’effet de ces opiacées quelques heures durant : c’est le début de l’accoutumance, les conditions à l’installation d’un attachement très puissant, d’une certaine dépendance. Notons que le lait des premiers jours suivant la naissance contient toujours des opiacées. Lorsque le bébé tête, cela provoque la production d’endorphines chez la mère : le lait est alors encore plus chargé en opiacées. Ce qui explique les impressions de bonheur intense, de plénitude, voire d’extase, que les deux êtres dégagent durant cette période. C’est plus fort donc dans les heures suivant la naissance. Lorsqu’il y a séparation à la naissance, la mère comme l’enfant sont privés de ces immenses atouts naturels, ce qui impactera leur relation future.

Conséquences de la séparation

Les raisons de la séparation à la naissance sont multiples. Elles peuvent être catastrophiques – décès de la maman – ou superflues (voire complètement ridicules -c’est du vécu) – bébé en néo-nat car ayant besoin d’un berceau chauffant, 5 berceaux chauffants disponibles dans le service où se trouvait la maman (désespérée) mais aucun n’avait été nettoyé.

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Les limites des accouchements modernisés (ou médicalisés)

Le mal existe mais n’est pas inné. Il est créé par la société, quotidiennement, à chaque heure, sans interruption, dans le monde entier. Cela s’opère tant à travers les méthodes d’accouchement qu’à travers l’éducation des petits enfants.

Alice Miller

Répercussions du système sur la santé humaine

Il est aujourd’hui clairement prouvé que les perturbations techniques lors de l’accouchement, ainsi que les pratiques postnatales irrespectueuses de l’enfant, peuvent avoir des répercussions graves sur le lien mère-enfant, ainsi que sur la santé de l’enfant et du futur adulte, et donner lieu à de nombreux troubles. Par exemple, lorsque les parents jugent un enfant insupportable : c’est simplement qu’il exprime son mal-être à sa façon, et il est très fréquent que ce mal-être remonte aussi loin que la naissance. En effet, un enfant traumatisé dès la naissance va développer des symptômes plus ou moins lourds, qui rendront l’amour de ses parents plus difficile à obtenir, par le poids de la gestion de ces troubles au quotidien (difficultés d’endormissement, troubles du sommeil et de l’alimentation, syndrome d’abandon, manque de confiance en soi, etc).

Conditionnement

Or en France, tout un conditionnement médical et sociétal nous impose de « faire comme ça ». Des étrangers prennent le contrôle de notre grossesse, de la naissance puis du bébé. Tout est organisé de telle manière que le stress accompagne la femme enceinte, au mépris des lois naturelles du corps humain, et au-delà, des mammifères.

Un des rôles de la technicisation de l’accouchement est de fournir une échappatoire aux angoisses des futures mères : au-delà des multiples questionnements liés au fait de devenir parent, l’accouchement en lui-même provoque la peur de la douleur, et fait ressurgir de terribles angoisses inconscientes liés à la naissance de la mère elle-même. Les troubles répétés durant la vie intra utérine et les 1ers mois de vie donnent lieu aux nombreux troubles que l’on connaît aujourd’hui : difficultés de concentration avec agitation et hyperactivité (ADHD), anxiété, agressivité, conduites déraisonnables et/ou antisociales, addictions, troubles de la personnalité, dépression grave, idées suicidaires, etc.

Le problème des consultations prénatales

Tout comme le bébé doit crier à la naissance, la femme doit souffrir à l’accouchement … et la maternité doit être rentable. Alors, on fait peu de cas des répercussions émotionnelles, et on applique un planning médical bien rôdé, basé avant tout sur la rapidité et l’efficacité. La femme accoucheuse se voit imposer un protocole de soins, ainsi que le futur bébé.

Et cela commence dès les consultations prénatales. La maman se retrouve prise dans un engrenage stressant où les réponses lui sont apportées comme une évidence. Le corps médical sait mieux qu’elle, qui est pourtant la mère. Tout est ancré dans les habitudes, et il est bien difficile de faire évoluer les esprits – même si le bien-être, et donc l’avenir, de l’espèce humaine est en jeu.

Évoquons par exemple, le rôle du placenta, très négligé dans la culture française de l’accouchement. Le placenta sert à fluidifier le sang de la mère avant qu’il arrive au fœtus. Il sert également à apporter le sucre dont le fœtus a besoin. Le « diabète gestationnel » n’est donc rien d’autre qu’un signe de l’activité placentaire. Néanmoins, le mot lui-même de diabète sème trouble et angoisse chez la mère, provoquant ainsi un stress qui rebondit sur le fœtus. Il a été prouvé par ailleurs, lors de diverses études scientifiques, que le fameux test de décèlement de diabète gestationnel ne change en rien la suite des grossesses et les statistiques. Il est donc un énième stress inutile infligé à la mère et son enfant.

Un autre signe d’activité placentaire importante, qui ne préjudice en rien la poursuite de la grossesse, est l’augmentation isolée de la pression artérielle. Lorsqu’elle est détectée durant les consultations prénatales, la mère est alarmée, et se voit souvent imposer un traitement médicamenteux « adapté » – ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’intrusion artificielle et de stress dans la vie de la mère et du bébé, pour un problème qui à la base n’en est pas un, mais est bien une réponse physiologique normale du corps à l’évolution de la grossesse.

Tous ces petits moments stressants des consultations prénatales, où le praticien vient angoisser la future mère pour X ou X raison, relèvent de ce que l’on appelle l’effet « nocebo ».

Le stress en salles d’accouchement

Les études scientifiques montrent clairement que l’état émotionnel de la mère durant la grossesse et l’accouchement influe à long terme sur la santé du bébé, bien plus que l’état émotionnel de la mère durant la première année de vie de l’enfant. Or, nombreux sont les éléments dans les salles d’accouchement classiques qui participent à installer un climat favorisant le stress.

femme debout dans salle accouchement
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