La pédagogie par la nature

Faire grandir nos enfants au plus près de la nature. Cette notion est très présente chez les pédagogues et les réformateurs de l’éducation. Celles et ceux qui veulent une nouvelle école incluent très naturellement la nature dans leurs idées. Montessori, Freinet, Decroly ou encore Steiner, mais aussi Jean-Jacques Rousseau bien avant eux, pour chacun d’eux, c’est une nécessité pour (re) trouver une belle harmonie dans le corps et l’esprit que de vivre en présence de la nature. 

Ces femmes et ces hommes précisent dans leur pédagogie qu’il est indispensable de sortir de la classe pour prendre le temps d’observer, de comprendre et d’apprendre grâce à la vie elle-même. 

La nature est ainsi un lieu propice pour les apprentissages. Cet environnement naturel permet à l’enfant d’être lui, de bouger librement, de jouer, et de respecter ses besoins et son rythme naturel.

En 1907, grâce au mouvement scout créé par Robert Baden-Powell, l’idée d’une éducation informelle avec des activités pratiques et de plein air commence à émerger. Il faudra attendre 1941 pour voir naître les premières écoles écocitoyennes et forestières, Outward Bound Schools, en Grande-Bretagne grâce au pédagogue allemand Kurt Hahn. Parmi son programme, on retrouve une série d’activités physiques en extérieur, mais aussi des expéditions. Ces sorties sont basées sur des projets ayant pour objectif d’apprendre, de développer des compétences et des connaissances du milieu naturel, mais aussi des autres matières plus formelles.

Sur le chemin des écoles de la forêt

D’abord nés aux États-Unis, les Forest Schools se sont développées en Europe après la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement en Scandinavie. Ces écoles forestières font ainsi partie intégrante du programme scolaire des enfants. Elles sont également apparues en Allemagne et en Grande-Bretagne. En France, les écoles de et dans la nature sont encore timides, l’Éducation nationale les voyant comme des activités périscolaires. 

Mais les Forest Schools sont de véritables lieux d’apprentissage en plein air, une pédagogie à part entière, dans lesquels chaque enfant peut développer ses compétences personnelles, sociales et techniques au contact de la nature.

La nature au cœur des apprentissages

Les écoles de la nature ont pour objectif de relier les enfants à la nature. Dans leur programme, nous pouvons y retrouver des thématiques comme l’environnement, le développement durable ou encore la connaissance de la nature.

La « classe » se passe dans un environnement forestier, ou un espace boisé permettant de créer un lien bienfaisant entre les enfants et la nature. Dans cet environnement, l’enfant peut développer un respect et un sentiment d’appartenance. 

L’objectif de ces Forest Schools est d’apprendre à respecter la nature. La protection de la faune et de la flore s’apprend grâce à l’apprentissage de gestes écoresponsables. L’enfant pourra aussi y développer ses émotions, son empathie et apprendra à mieux se connaître. Cet environnement naturel bienveillant offrira également à l’enfant toutes les chances d’acquérir les valeurs d’autonomie, d’autodiscipline et de coopération.

Les principes des Forest Schools

Les principes que nous allons vous partager sont ceux mis en place par l’association internationale des Forest Schools. Leur expérience et leur volonté lors de la création de ces écoles dans la nature ont ainsi donné naissance aux cinq principes suivants : 

  • Cette pédagogie nécessite une régularité. Les sorties en nature doivent être quotidiennes ou si cela n’est pas possible, elles doivent avoir lieu plusieurs fois par semaine. Il ne s’agit pas d’une simple sortie, mais d’un vrai processus d’observation et de travaux dans la nature.
  • Les sorties doivent se faire dans un environnement naturel, de préférence boisé. L’objectif est de renforcer le lien entre l’enfant, l’enseignant et le milieu naturel.
  • L’enfant doit être acteur de ses apprentissages. Il faut donc lui proposer des activités lui permettant de développer ses compétences cognitives, physiques, mais aussi sociales.
  • Les activités proposées doivent permettre à l’enfant de développer, accroître et ancrer sa confiance, son estime de soi, son autonomie, sa curiosité et sa créativité.
  • L’objectif des Forest Schools est de permettre à l’enfant de mieux connaître son environnement, d’en comprendre les dangers et d’être capable de prendre des risques calculés.

Les avantages de la pédagogie par la nature

La pédagogie par la nature place donc les enfants au cœur des apprentissages et lui permet de développer la confiance en soi, la connaissance de soi, ses compétences cognitives, ses compétences sociales, sa communication, sa motivation, sa concentration, sa curiosité, sa créativité, son endurance physique, sa motricité, ses comportements à l’égard de l’environnement, sa prise de conscience écologique ainsi que sa connaissance de l’environnement animal et végétal.

Faire l’école dans la nature permet également à l’enfant de mieux concevoir certains concepts abstraits comme les mathématiques et la communication. Par ailleurs, en laissant libre d’explorer leur environnement, nous leur apprenons à gérer leur propre sécurité et à devenir autonome.

Laissons nos enfants grandir dans la nature

La pédagogie par la nature est donc une pédagogie permettant à l’enfant de faire le plein de nature, élément indissociable entre l’humain et son environnement. Apprendre dans la nature permet à l’enfant de s’épanouir pleinement et d’éveiller sa sensibilité écologique pour devenir un individu conscient et responsable. 

L’école dans la nature doit donc avoir lieu dans un environnement naturel, si possible boisé. Elle doit avoir lieu en par tous les temps et par toutes les saisons. L’enfant doit être au cœur des apprentissages en prenant en compte ses envies, ses besoins et ses intérêts. 

L’école dans la nature permet à nos enfants de se relier à l’essentiel, de repenser leur lien avec la nature et le vivant. Une connexion indispensable au vu des enjeux écologiques d’aujourd’hui.

Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime à manier les objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela : ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir…

Adolphe Ferrière, L’école active, 1922.


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