La pédagogie Freinet

La pédagogie Freinet est fondée sur l’expression libre des enfants ; texte libre, dessin libre, correspondance inter-scolaire, imprimerie et journal étudiant, etc.

Les élèves prennent quotidiennement leur crayon et leur ardoise, et partent explorer leur milieu dans des « promenades scolaires ». De retour à l’école (ou de retour chez eux), ils écrivent leurs impressions dans de brefs comptes rendus.

Ils font également des visites chez des artisans.

L’école (ou le lieu de vie) doit avoir une situation spécifique : proche de la nature, avec potager, fruitier, espace d’élevage et un aménagement intérieur : salle commune pour travaux collectifs, ateliers spécialisés de travail manuel ; menuiserie, filature mécanique, ateliers spécialisés en documentation, expression, expérimentation,…

Quelques points principaux pour résumer la méthode Freinet :

L’expression libre par l’imprimerie à l’école, le travail de groupe, la coopérative scolaire gérée par les enfants, le journal mural, la coopération entre instituteurs, la « boîte aux questions » ou « l’agenda scolaire », la correspondance inter-scolaire (le fait de correspondre avec d’autres écoles), la publication de textes et de dessins d’enfants, le dessin libre, le travail libre, les fichiers scolaires coopératifs, la bibliothèque de travail,le contrôle et auto-correction, le végétarisme, le bain froid, le naturisme, les bains de soleil, les médecines alternatives, la solidarité, le tâtonnement expérimental, le vivarium, le « jardin scolaire », les musées, les méthode naturelles, etc.

Les invariants pédagogiques Freinet :
L’enfant est de la même nature que nous.
Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
Le comportement scolaire d’un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
Nul — l’enfant pas plus que l’adulte — n’aime être commandé d’autorité.
Nul n’aime s’aligner, parce que s’aligner, c’est obéir passivement à un ordre extérieur.
Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante.
Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.
Nul n’aime tourner à vide, agir en robot, c’est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
Il nous faut motiver le travail.
Plus de scolastique.
Tout individu veut réussir. L’échec est inhibiteur, destructeur de l’allant et de l’enthousiasme.
Ce n’est pas le jeu qui est naturel à l’enfant, mais le travail.
La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’École, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
La mémoire, dont l’École fait tant de cas, n’est valable et précieuse que lorsqu’elle est vraiment au service de la vie.
Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs.
L’intelligence n’est pas, comme l’enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l’individu.
L’École ne cultive qu’une forme abstraite d’intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d’idées fixées par la mémoire.
L’enfant n’aime pas écouter une leçon ex cathedra.
L’enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
Personne, ni enfant ni adulte, n’aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu’ils s’exercent en public.
Les notes et les classements sont toujours une erreur.
Parlez le moins possible.
L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d’équipe au sein d’une communauté coopérative.
L’ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n’aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
La vie nouvelle de l’École suppose la coopération scolaire, c’est-à-dire la gestion par les usagers, l’éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l’anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’École. Un régime autoritaire à l’École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l’École.
L’opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant. avec lequel nous aurons, hélas ! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l’éviter ou le corriger.
Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action : c’est l’optimiste espoir en la vie.

2 réponses sur “La pédagogie Freinet”

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