TCC et nVEO : Habiletés sociales et émotionnelles chez un enfant avec TSA


TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) et nVEO (non Violence Educative Ordinaire) : Habiletés sociales et émotionnelles chez un enfant avec TSA (Troubles du Spectre Autistique) : pour les enfants en IEF (Instruction En Famille) ou avec une AVS (Assistante de Vie Sociale)

1 – Les TCC, c’est quoi ? Dans quel cas sont-elles proposées ?

Les TCC, font référence aux théories de l’apprentissage et aux modèles cognitifs du traitement de l’information. Les théories de l’apprentissage prennent comme base que lorsqu’un stimulus (un bruit par exemple) est associé à une situation qui entraîne la peur, le stimulus (entendre ce bruit) peut entraîner la peur. Les TCC visent donc à modifier la réponse d’un stimulus en modifiant le schéma inconscient appris par l’expérience. Pour cela, il est proposé à notre enfant d’être exposé à ce bruit en augmentant le son à chaque exposition, tout en créant un climat agréable, par exemple. Les renforçateurs positifs (félicitations et récompenses) viennent ancrer cette expérience « agréable » dans le cerveau de notre enfant, lui permettant de modifier son schéma habituel. Les autres renforçateurs (dit neutres ou négatifs) ont pour objectif de limiter l’intégration de ce comportement par le cerveau de l’enfant. Voilà pour la théorie pure.

Dans la pratique, en TCC, le thérapeute ne s’attaque pas qu’au bruit, mais aussi aux comportements socialement non acceptables, aux peurs, traumatismes, phobies, ainsi qu’aux troubles obsessionnels et anxieux. Et en particulier, pour notre enfant avec TSA, les TCC sont proposées pour leur permettre d’intégrer les habiletés sociales, travailler la séparation mère/enfant et les émotions.

Les TCC peuvent être utilisées dans de nombreuses prises en charge de notre enfant lorsqu’il va travailler avec un professionnel paramédical comme l’orthophoniste ou le psychologue, ou en thérapie alternative comme équitherapie…

Dans ces méthodes pour les enfants avec TSA, la plus connue est la méthode ABA. Cette méthode consiste à proposer un apprentissage « scolaire » à notre enfant, c’est-à-dire que l’adulte présent lui explique ce qu’il attend de lui, puis lui demande de le faire. L’adulte va dans un premier temps utiliser les renforçateurs pour fixer cet apprentissage dans le fonctionnement de l’enfant. Ensuite, notre enfant sera mis en situation de jeux de rôles dans laquelle il sera attendu de notre enfant d’utiliser le comportement qu’il a appris, là aussi avec des renforçateurs.

L’avantage des TCC c’est que ça fonctionne bien et vite, et de manière large. Le soucis, c’est que c’est du conditionnement.

2 – L’éducation VEO et les TCC ? Ou pourquoi c’est délétère pour le développement de l’enfant.

Le conditionnement c’est quoi ?

C’est le fait de créer des réflexes face à une situation type chez notre enfant. Ainsi, il adopte un bon (entendons socialement admis) comportement. En quoi c’est gênant ? Ce conditionnement, pour fonctionner, utilise plusieurs violences éducatives.

L’adultisme

L’adultisme c’est le fait de se mettre en posture supérieure face à un enfant, en prenant pour argument qu’on est adulte, donc que l’on sait mieux pour notre enfant ce qui est bon pour lui. Les adultes sont donc autorisés, sur cette base, à se comporter avec notre enfant de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis, leur consentement.

Alors, adultisme et TCC ne semblent pas forcément liés à première vue, et pourtant… Il est donc attendu de notre enfant qu’il adopte un comportement qui est jugé acceptable, adapté pour la société par le thérapeute. Notre enfant se voit porter des attentes posées par des adultes, une société, pour des comportements qui ne le gênent pas forcément, et qui ne mettent pas les autres en danger. Le thérapeute, l’adulte, est dans une posture de juge, une posture supérieure face à l’enfant en jugeant s’il a un bon comportement.

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Stress : différentes stratégies pour apaiser les enfants avec TSA

Quelles sont les conséquences du stress au quotidien ?

Un état de stress induit une augmentation du taux de cortisol pour se préparer à faire face à une situation de crise. Ce cortisol va engendrer la mort de neurones, notamment au niveau de l’hippocampe qui est le siège de la mémoire. En plus de cela, le stress et l’état d’hypervigilance qu’il engendre dans l’organisme consomment énormément d’énergie. Notre enfant a donc moins d’énergie pour gérer ses difficultés, ce qui va augmenter son niveau de stress, et moins d’énergie pour les apprentissages. Il vit dans un état « d’urgence » en permanence.

Diminuer cet état d’hypervigilance semble donc être une priorité pour libérer de l’énergie à notre enfant et diminuer son taux de cortisol pour protéger ses neurones. L’idéal serai d’avoir comme objectif un réel bien être et une détente de l’enfant, lui rendant le quotidien léger et agréable. Il sera alors plus disponible pour les nombreux apprentissages qui se présentent à lui.

Le TSA (Trouble du Spectre Autistique), ça change quoi au quotidien ?

Le soucis lorsque l’on a un enfant avec TSA, c’est que les sources de stress sont démultipliées à cause de l’environnement généralement peu ou pas adapté. Le cerveau de notre enfant n’a pas de filtre de triage et se retrouve en surcharge d’informations en permanence. Plus notre enfant est en stress et moins il supporte de stimuli et c’est un cercle vicieux qui s’installe, moins il a d’énergie et plus il vit les stimuli comme des agressions… Une stratégie qui nous semble facile à mettre en place c’est de diminuer les sources de stress qui nous demandent le moins d’énergie à nous adulte même si elles semblent causées peu de stress à notre enfant. Pourquoi ? Parce que cela permettra une lutte durable contre ce stress puisque c’est assez facile pour nous, c’est un effort que l’on maintiendra sur le long terme. Et on enclenchera un effet boule de neige, comme notre enfant sera un peu moins stressé, il aura plus d’énergie pour affronter efficacement les autres sources de stress, notamment celles où nous adultes avons le moins de prise.

Commencer par diminuer les sources de stress

La première des choses est d’enlever les sources de stress connues et que l’on peut retirer du quotidien avec peu d’effort. Par exemple, nous avons la possibilité de remplacer les assiettes en verre par des assiettes en terre cuite et nous pouvons aussi enlever tout les ballons de baudruches, lorsqu’un enfant en a peur.

Ensuite, les stratégies visent à diminuer les stimuli extérieurs qui arrivent à notre enfant. Nous pouvons proposer un casque anti bruit à notre enfant, lui laisser à disposition pour quand il sature du bruit et l’avoir avec nous en cas de bruits forts lors des sorties. Nous pouvons aussi adapter sa garde robe pour proposer des vêtements dans lesquels il se sente bien. Certains enfants ne supportent pas les boutons ou les étiquettes, certaines coutures… ce sont des détails, mais marcher toute la journée avec un cailloux dans la chaussure rends la journée beaucoup plus difficile, n’est ce pas ? C’est la même chose avec une étiquette qui gratte. Nous pouvons aussi proposer un endroit calme dans la maison où il y a moins de stimuli comme une cabane, un coin calme que l’on installe avec notre enfant ou sous une couette, qui a un double effet de contenir l’enfant.

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