Restriction de l’IEF (Instruction En Famille) pour la rentrée scolaire 2021 : Attention, Enfants en Danger

Emmanuel Macron, lors d’un discours sur le “séparatisme” prononcé le 2 octobre 2020, a fait part de son intention de strictement restreindre l’IEF, en limitant ce droit aux enfants ayant des problèmes de santé – lesquels restent eux-mêmes à définir.

Prendre une telle décision serait absolument dramatique pour nombre d’enfants et leur famille, et nous allons vous expliquer pourquoi.

Article et données mises à jour le : 24 octobre 2020

Qu’est-ce que l’IEF ?

IEF, c’est l’acronyme d’Instruction En Famille. Il s’agit d’un DROIT qui est malheureusement encore mal connu en France, en partie à cause des médias qui désinforment encore très souvent par l’utilisation du terme biaisé d’ “école obligatoire”, alors que c’est strictement faux : jusque-là, c’est uniquement l’INSTRUCTION qui est obligatoire. Ce droit est inscrit dans le code de l’Education, qui remonte à 1882. Pour plus d’infos sur le cadre légal, vous pouvez consulter les pages des associations de défense de l’IEF.

L’IEF, c’est donc le fait de ne pas scolariser, ou de déscolariser, son ou ses enfants : il ne va pas (ou plus) à l’école, mais est instruit en famille, par un ou des membres qui l’entourent et l’accompagnent au quotidien. Il existe probablement autant de modes d’instruction en famille, que de familles qui la pratiquent. Certains ont choisi de faire “l’école à la maison”, c’est-à-dire de reproduire, plus ou moins fidèlement, ce qui est fait en classe ou selon les programmes établis par l’Éducation nationale. D’autres, a contrario, se laissent voguer au fil des jours, saisissant chaque opportunité que la vie met sur leur chemin pour créer ou entretenir un nouvel apprentissage – on appelle cela communément le unschooling. Vous trouverez une foule d’articles à ce sujet sur le site pass-education.fr, rubrique IEF (en haut à droite, en orange).

Restreindre l’Instruction en Famille pour lutter contre le séparatisme islamiste ?

De manière générale, l’IEF en France souffre cruellement d’un manque continu d’informations à la population. Le président de la République, dans son discours du 2 octobre, a contribué à fonder et entretenir l’amalgame entre instruction en famille (ou, non-scolarisation) et séparatisme (“islamiste”, en l’occurence). En effet, à la base, ce projet de loi s’inscrit dans le cadre de son plan de lutte contre le “séparatisme islamiste”.

L’amalgame en a choqué plus d’un, dans les milieux IEF comme dans les milieux musulmans, mais il a aussi choqué -et heureusement- des gens qui ne sont concernés par aucun des deux. Cet amalgame est d’autant plus dangereux qu’il stigmatise les familles musulmanes en IEF, les pointant du doigt comme étant potentiellement des menaces à la Nation – ce genre de discours ne vous rappelle rien ?

Dans la réalité, qu’en est-il ? existe-t-il réellement un lien entre la non-scolarisation d’un enfant et le terrorisme ?

  • On ne retrouve AUCUN CAS CONCRET de terroriste français ayant été instruit en famille ! Bien au contraire, tous les terroristes incriminés sur le territoire national ces dernières années ont tous fréquenté les bancs de l’école de la République.
  • Si l’on creuse un peu et que l’on prend le temps de se renseigner et d’observer le quotidien des familles IEF, on se rend rapidement compte que leur voie est bien plus souvent celle de la liberté d’opinion et de la tolérance. Les familles IEF sont ouvertes au monde, et participent très souvent à des rencontres permettant aux enfants de côtoyer des populations très variées
  • L’Instruction en Famille est déjà contrôlée, strictement, encore plus depuis le décret du 2 août 2019. Le projet de loi du président vient donc totalement remettre en cause les bons soins des membres de ces rectorats, mandataires de l’autorité de l’Éducation Nationale… ce qui ne manque pas de poser question, alors qu’il manifeste son intention d’envoyer encore plus d’enfants sur les bancs de l’école …
  • Enfin, l’État veille aussi au grain grâce aux travaux du groupe Miviludes, chargé de surveiller les activités sectaires ou affiliées. Or, ce groupe de recherches n’a à ce jour rapporté aucun souci de séparatisme ou de radicalisation provenant de familles IEF.

On se demande donc sur quoi se base le président pour évoquer un risque de radicalisation islamiste lié à l’Instruction en Famille. Peut-on réellement remettre en cause la vie de plusieurs dizaines de milliers d’enfants, sur un doute n’ayant absolument aucun fondement ? est-ce là le principe de la Justice dans notre pays ?

Pourquoi se battre pour conserver ce droit ?

Alors que pour certaines familles, perdre ce droit serait leur pire cauchemar, il reste que beaucoup de parents se demandent sans doute encore pourquoi c’est si important de conserver ce droit – outre le fait élémentaire que perdre un droit, constitue en soi une vraie régression.

Afin d’informer ceux qui ne le sont pas, faisons un tour d’horizon succinct et non-exhaustif, mais listant néanmoins les principaux arguments en faveur de l’IEF – autant d’éléments qui crient la nécessité absolue de conserver ce droit !

En quoi l’école française pose-t-elle souci pour bien des enfants ?

Les violences institutionnelles

Tout d’abord, évoquons les violences institutionnelles ordinaires. Les découvertes des neurosciences de ces 30 dernières années nous ont appris énormément de choses sur le développement de l’enfant, que ce soit au niveau cérébral, psychique ou physique – les trois étant étroitement liés, et dépendants les uns des autres. Il s’agit là d’un point majeur : comment le gouvernement pourrait-il décemment nous obliger à mettre nos enfants à l’école, et ce dès 3 ans, alors que les principes fondamentaux de cette même école n’ont pas été remodelés depuis des décennies ? aucune adaptation concrète n’a été faite dans les institutions scolaires alors que les preuves scientifiques ont bel et bien été établies. Comment peut-on décemment, sachant ce que l’on sait grâce aux neurosciences, continuer en toute légalité à ne pas respecter les besoins élémentaires de l’enfant ? Comment, en France, en 2020, peut-on encore penser qu’un enfant de 3, 4 ou 5 ans, et même au-delà, va aller aux toilettes/boire/manger/dormir/faire telle activité ou telle autre, sur commande, quand cela arrange l’adulte ?

La santé

Dans son discours du 2 octobre 2020, Emmanuel Macron PROPOSE que l’instruction en famille soit, à partir de septembre 2021, strictement limitée aux impératifs de santé. Cela pose plusieurs problèmes majeurs :

  1. comment évaluer décemment la limite à partir de laquelle l’enfant pourra ou non bénéficier du droit restreint à l’Instruction en Famille ?
  2. comment seront gérées les erreurs de diagnostic ?
  3. comment seront pris en compte les problèmes d’errance médicale, de longueur du parcours avant la pose de diagnostic ? de difficultés matérielles d’accès aux soins ? de difficultés d’accès à l’information elle-même ?
  4. les praticiens bénéficieront-ils enfin de formations adéquates, qui leur permettent d’être au fait des évolutions des connaissances liées aux progrès des neurosciences ?
  5. l’école française, à l’heure actuelle, faillit déjà à accueillir convenablement tous les élèves… Comment donc pourrait-elle prétendre en rajouter quelques dizaines de milliers ?(l’estimation du nombre d’enfants actuellement en IEF est, selon Emmanuel Macron, de 50000)
  6. le racisme est encore très présent dans le pays, à tous les niveaux – à l’école, comme dans le parcours médical. Quelle prise en charge donc pour les enfants “non-blancs” souffrant de trouble, de handicap, et dont certaines familles vivent déjà en précarité économique, sociale et médicale ?

En effet, cette société non-inclusive (et donc, validiste) ne prend pas en compte bon nombre de handicaps invisibilisés, comme par exemple les DYS-, TSA, TDA/H. Ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas au premier coup d’œil que ces handicaps n’existent pas. Bien souvent, les praticiens eux-mêmes, faute de disponibilité ou de formation suffisante aux progrès permanents en terme de compréhension de la neurodiversité, sont inaptes à poser le bon diagnostic. Il semble aberrant que, malgré les progrès scientifiques, il reste très difficile d’obtenir un diagnostic qui corresponde vraiment à la réalité de l’enfant, et pourtant c’est une cruelle réalité. Comment, dans ces conditions, est-il éthiquement possible de suspendre un droit inscrit dans nombre de textes officiels à des diagnostics qui ont déjà énormément de difficultés à être posés ?

Le séparatisme à l’occidentale

Et il n’y a pas que ça : un enfant peut tout simplement ne pas se sentir bien en collectivité, sans qu’il ait pour autant un trouble ou un handicap ! n’est-il pas simplement plus naturel de juste rester en famille ? Pourquoi donc, dans nos sociétés occidentales dites modernes, faut-il à tout prix que parents et enfants soient séparés le plus -vite, tôt et souvent- possible ? Pour travailler plus, pour produire davantage ? pour qui ? posons-nous réellement la question, pour quoi, pour qui faisons-nous des enfants, si c’est pour les laisser à la collectivité dès leurs premières années de vie ? au fond de nous, au plus profond de nous, dans notre cœur, notre âme et notre conscience, est-ce que, sincèrement, on ne préfèrerait pas plutôt : ne pas avoir toutes ces contraintes, mais juste avoir plus de temps de qualité à passer avec nos enfants ? Certains enfants, ceux qui n’ont pas encore renoncé, ceux qui n’ont pas encore été brisés, ceux qui écoutent encore leurs besoins intérieurs, naturels, l’ont bien compris : ils ne veulent pas aller à l’école, simplement parce que leur instinct naturel leur dit que leur place est au côté de leurs parents. Et la voilà, la vraie définition du séparatisme : vouloir séparer les enfants de leurs parents, le plus possible et le plus tôt possible. C’est un des chevaux de bataille de toute notre équipe chez Vivre en Famille, mais aussi d’autres auteurs et de parents, même si tous n’osent pas encore le dire haut et fort. Le séparatisme (terme tiré des travaux de Valérie Vayer) en France est un vrai sport culturel, et à bon nombre de niveaux ! Nous sommes en 2020, il est particulièrement urgent que la population ouvre les yeux au sujet de la banalisation du non-respect du continuum !

Anéantir les dispositions spontanées de l’enfant (en le faisant rentrer dans le moule)

Chaque enfant est un individu… ce qui signifie qu’il est UNIQUE. Il a ses propres centres d’intérêt, son propre rythme, ses propres envies et besoins en matière d’apprentissage. Nous, parents, savons tous cela : nous n’avons pas tous la même façon de travailler, pas les mêmes méthodes pour travailler et mémoriser ; l’un adore l’histoire et l’autre la géographie, etc. L’école hélas, met tout le monde dans le même moule, pour des raisons logistiques évidentes, causées notamment par le nombre d’enfants et le coût financier de la chose. Ce faisant, elle éteint peu à peu l’étincelle présente en chacun de nous, ces “dispositions spontanées” si chères à André Stern. Ce faisant, elle prive la Nation toute entière, pour ne pas dire le Monde, d’autant de cerveaux qui auraient pu se développer sainement si seulement on leur en avait laissé l’opportunité… Et en effet, les médias le taisent souvent, mais beaucoup de célébrités ne sont pas allées à l’école.

Les violences ordinaires

L’école, de par son mode de fonctionnement même, favorise intrinsèquement les violences ordinaires – elle en est le terreau. Il ne s’agit en effet pas seulement du non-respect de l’enfant en tant qu’individu ayant des besoins qui lui sont propres. Il s’agit aussi de toute une cohorte de fléaux qui détruisent des vies entières – et ce, même si l’enfant ne va pas jusqu’au suicide. En voici une liste non-exhaustive :

  • harcèlement scolaire, phobie scolaire
  • sexisme, transphobie
  • racisme, xénophobie, islamophobie
  • validisme, psychophobie, non inclusion des personnes sourdes
  • négation, moquerie ou ignorance des troubles d’apprentissage
  • burn-out de l’enfant
  • etc…

Il est bien réel, hélas, et se pencher dessus devrait peut-être devenir une priorité gouvernementale, avant de chercher à y envoyer plus d’enfants… ?

En quoi l’IEF sauve des enfants ?

  • les besoins primaires de l’enfant peuvent être respectés sans problème
  • il grandit en s’épanouissant auprès de sa famille : ses figures d’attachement. Il n’est pas terrorisé à l’idée de passer sa journée avec des adultes inconnus, qui ne le connaissent pas et qui n’ont pas forcément les mêmes valeurs de respect de l’enfant que ses parents
  • les enfants souffrant d’errance médicale ou d’erreur de diagnostic ne sont pas laissés pour compte au fond d’une salle de classe, ils sont accompagnés pour leur singularité avec toutes leurs particularités
  • les enfants sont libres d’apprendre à leur rythme et selon leurs envies, accompagnés par leurs parents qui veillent à mettre à leur disposition de quoi nourrir leur curiosité naturelle
  • l’enfant grandit à l’abri de la violence institutionnelle. Rassuré par la présence aimante de ses parents, il se développe et s’épanouit en toute sécurité : une étape éducative essentielle pour forger des individus aptes par la suite à affronter la société. Contrairement à ce qui est communément admis, confronter l’enfant dès son plus jeune âge à la violence sociétale ne lui permet pas d’apprendre à se défendre. Bien au contraire, il en devient à son tour une victime. Alors que l’enfant qui aura grandi en confiance, trouvera la force.

Cela fait rêver, n’est-ce pas ? Honnêtement, posez la question à votre cœur de papa ou de maman, est-ce que ce mode de vie ne vous semble pas idéal pour le bien-être de votre enfant ? pour sa bonne santé, physique et mentale ?

Pourquoi sommes-nous TOUS CONCERNÉS (et pas uniquement les familles IEF) ?

Pour rappel, voici ce que l’OMS préconise pour la bonne santé de chaque individu :

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » Cette définition colle plutôt bien à tout ce que permet l’IEF, vous ne trouvez pas ?

Pourtant, l’intention du gouvernement est bien de limiter strictement l’accès à l’Instruction en Famille pour raisons de santé. Il est tellement injuste d’imaginer que la liberté d’apprentissage ne serait autorisée qu’aux personnes assez infirme ou malade pour la “mériter” – ce serait une stigmatisation de plus, avec des conséquences psychologiques dramatiques. Combien d’enfants, face à cette loi, face à son simple projet-même, vont véritablement se rendre malade pour avoir droit au précieux sésame ?

La France, depuis 1946, fait partie des 61 Etats fondateurs de l’OMS et à ce titre doit demeurer fermement attachée au développement sain de l’enfant. Comment le fait d’obliger des enfants à se rendre à l’école de force pourrait-il être pertinent pour la santé, et compatible avec une bonne santé pérenne ?

Au-delà de l’IEF, une vraie menace pour nos libertés fondamentales

Ainsi que nous l’avons déjà évoqué, la liberté du choix d’instruction est un DROIT, que l’on retrouve dans plusieurs textes fondamentaux régissant nos sociétés occidentales :

Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leur enfants.

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26-3

L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et cet enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.

Protocolo additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, 1952, article 2, protocole n°1.

Les Etats parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité

Convention internationale des droits de l’enfant, 1989, Article 12-1

Afin de respecter la liberté de religion et de conscience des parents, les États doivent : […] S’abstenir de s’immiscer dans la manière dont les parents éduquent leurs enfants à la maison

PIDCP, Article 18 (Pacte international relatif aux droits civils et politiques)

La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie.

Art 16 – Code Civil

Ces extraits ont été choisis parmi beaucoup d’autres, que l’on pourrait également citer.

On constate aisément que le président s’attaque donc à un droit bel et bien inscrit et reconnu. Comment cela est-il possible ? et surtout, où est-ce que cela va nous mener ? Nous sommes réellement tenus de nous interroger ici, TOUS, citoyens français, sur l’avenir de nos libertés.

N’hésitons donc pas à faire entendre nos droits, et n’hésitons pas à encourager les enfants à faire de même : cela participe pleinement à leur “éducation civique”, si chère à l’Éducation nationale, et cela va tellement à l’encontre de leur argument de séparatisme ! Leur montrer que nous ne sommes absolument pas les terroristes qu’ils redoutent tant, c’est construire une meilleure défense de nos droits.

L’UNICEF, qui milite pour les droits de l’enfant à travers le monde depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale, peut nous aider dans notre combat, notamment en donnant la parole aux enfants.

Par ailleurs, si vous souhaitez nous aider à maintenir le droit à l’instruction en famille, et ainsi contribuer à lutter pour la pérennité de nos droits et libertés, pour ce qui fait la valeur de la République, sachez que l’association nationale de défense de l’IEF, l’UNIE, recense sur son site les actions que chacun peut mettre en place.

Dans l’optique d’informer les personnes qui ne connaissent pas du tout l’existence de l’enfance hors école, l’espace IEF chez Pass éducation met à l’honneur des témoignages de familles.

Nous avons réuni quelques vidéos au sein d’une playlist #TouchePasàMonIEF sur notre chaîne youtube :

Pensez à rester Uni.e.s (sans jeu de mot!) en rejoignant les groupes et pages facebook IEF de votre région, ainsi que le groupe pour le maintien de l’ief (instruction en famille) en 2021 qui est modéré par notre équipe.


Signons et diffusons au plus grand nombre la pétition qui sera présentée devant l’assemblée : https://www.mesopinions.com/petition/enfants/maintien-droits-instruction-famille/107871 On a dépassé les 100 000 ! Continuez de partager svp !

Soutenons les associations :


L’équipe de Vivreenfamille.org a réellement à cœur de conserver les droits des familles IEF pour la liberté d’instruire leurs enfants de la manière qui leur semble la plus appropriée pour l’épanouissement de chacun. Notre site s’inscrit de ce fait parmi les cosignataires de la pétition pour le maintien des droits à l’instruction en famille.

Nous disposons d’une catégorie dédiée à l’IEF depuis 2017. Au sein de cet espace, nous partageons de multiples ressources utiles pour les parents instructeurs et les enfants instruits en famille.

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L’impuissance apprise

« Au Nord de l’Inde, lorsqu’un éléphanteau naît, on l’attache par un pied à un arbre. Il tente vainement de briser la corde qui le relie à l’arbre, puis après quelques tentatives, il renonce à la lutte et accepte son entrave. Au bout de quelques semaines, on continue à mettre une entrave à son pied et il n’y a même plus besoin de mettre une chaîne entre le cercle de métal qui entoure sa jambe et l’arbre car l’éléphanteau a intériorisé le fait qu’il était enchaîné. Il n’essaie même plus de s’en aller. Jusqu’à la fin de sa vie, il reste prisonnier de sa croyance et de son habitude, alors même que rien ne relie plus son pied à un arbre. »

L’impuissance apprise, ou « impuissance acquise », ou encore « résignation acquise » est une réalité psychologique qui entrave au quotidien bien des individus. Ce phénomène a été découvert grâce à diverses expériences scientifiques menées sur des mammifères, dans les années 60. Les principales recherches furent menées par Martin Seligman et son équipe, aux États-Unis. Ils arrivèrent à cette conclusion et aux mots d’« impuissance apprise », après avoir mené divers tests sur des chiens, en étudiant leurs réactions après les avoir exposés à des électrochocs. Une description succincte de ces tests est lisible dans le livre de Michel Odent, « Primal Health » (2002).

Soumis à des formes de maltraitances diverses, ces animaux ont vite compris que leurs cris et leurs appels ne servaient à rien, puisqu’ils n’obtenaient aucune réponse de la part des scientifiques qui les manipulaient. Cette information s’est rapidement imprimée dans leur cerveau, conduisant les animaux testés à définitivement renoncer à leurs tentatives de défense : ils se résignaient, victimes de l’impuissance apprise.

En France, des travaux similaires ont été menés par Henri Laborit, toujours en utilisant des électrochocs sur des animaux. S’il est surtout connu pour ses travaux concernant l’anesthésie, ainsi que sa participation active à la vulgarisation des neurosciences, Laborit mena aussi des études comportementales, sur des rats cette fois. Ses tests lui permirent d’identifier une hausse de la pression artérielle, constatée lors de chaque situation où les animaux, confrontés au danger, ne pouvaient se défendre. Ses résultats permirent à Laborit d’arriver à des conclusions similaires à celles de Seligman, même s’il préférait utiliser les termes d’« inhibition de l’action ».

A la lumière de ce que nous venons de lire sur l’impuissance apprise chez les mammifères exposés au danger, songeons maintenant à un bébé qui pleure, seul dans son berceau. L’enfant appelle à l’aide, mais ne reçoit ni réponse ni visite. Du point de vue des parents, pas forcément de malveillance : on leur a dit et répété qu’il faut laisser pleurer bébé, qu’il ne faut pas qu’il devienne un enfant-roi, etc, …

Mais, du point de vue du bébé ? Il est seul, dans son berceau. Il pleure, pour exprimer un besoin qui n’est pas satisfait. Il peut s’agir d’un besoin physiologique (rappelons au passage que la sensation de faim est extrêmement douloureuse pour les bébés), ou d’un besoin psychologique (il se sent seul dans un monde qu’il ne connaît pas encore, qu’il perçoit comme gigantesque et plein de bruits inconnus. En outre, il n’a aucune notion du temps : il ne sait pas que sa maman a prévu de revenir le voir dans 15 minutes, parce que le pédiatre et la belle-mère lui ont conseillé de faire ainsi).

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Confinement, séparatisme et… continuité (ou continuum)

Il est vain et épuisant de lutter contre une situation qui nous échappe… alors, pourquoi ne pas saisir cette opportunité de vivre différemment ?

D’un seul coup, la vie de notre enfant (ainsi que la nôtre d’ailleurs) n’est plus guidée par une foultitude d’activités qui remplissent les trous et comblent le vide de nos existences. Nous ne pouvons plus confier ce que nous avons de plus précieux à la responsabilité d’inconnus – aussi bienveillants puissent-ils être.

Il est alors temps de se poser une question essentielle : pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ? à cette débauche indécente d’activités, à ce « devoir toujours avoir quelque chose au programme », à cet irrépressible besoin de remplir nos journées, toujours plus ? Pourquoi est-ce qu’on évite ainsi de passer du temps avec nos enfants ? Qu’est-ce qui manque tant à nos vies ?

L’Amour ! ainsi que l’écrivait Valérie Vayer dans son livre « à moi ! lorsque l’égo paraît », nous sommes des « handicapés de l’Amour ».

Le séparatisme : une question de culture

Le séparatisme en France c’est un mode de vie, un véritable sport national, inculqué dès la naissance, et savamment entretenu par toutes les institutions qui nous entourent – que l’on parle d’institutions administratives ou des acquis sociétaux que trop peu de personnes osent remettre en question.

Le séparatisme, c’est dès la vie intra-utérine : via par exemple les injonctions de nos propres parents/cousins/tantes, gynécos, médias etc, qui, en toute bienveillance, nous expliquent qu’il ne faudra pas trop le porter/câliner/répondre à ses besoins, et surtout bien penser à le laisser pleurer et à lui apprendre la frustration, etc.

 
 
 
 
 
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En mode pré-partum, c’est aussi par exemple via tous les appels du pied lancés par les commerciaux pour (c’est juste un exemple parmi d’autres) faire une magnifique chambre au bébé. Une chambre qui rendra trop bien sur les photos, certes, mais franchement, pour un bébé de 1 mois, même 3, même 6, même 18 mois, les petits papillons mauves sur le mur de sa chambre, l’attrape-rêves clignotant ou le lit-cabane dernier cri, il ne les a pas demandé. Ce qui lui importe à ce bébé, ce qui importe à tous les bébés, ce qu’il demande, réclame, quotidiennement, ce qui est magnifique pour eux, ce qui est en fait un besoin vital commun,… ce sont les bras de leurs parents, le giron de leur mère, les regards remplis d’Amour, les réponses de ses parents, rapides, constantes et inconditionnelles à leurs besoins primaires de nouveau-né. Les nouveaux-nés savent exprimer leurs besoins, c’est naturel, biologique. C’est savoir écouter dès que l’on devient parent qui est plus difficile car cela demande beaucoup de déconditionnement, de développement personnel, d’apprendre à écouter et accueillir les émotions de son propre enfant intérieur.

A propos de l’écoute, sur le blog d’Enfances Épanouies : « IL N’ÉCOUTE JAMAIS RIEN ! » – ÉCOUTER SON ENFANT POUR RESPECTER QUI IL EST.

Quand vient le temps de la naissance, on ne compte pas les injonctions sociales, familiales, « amicales », médicales, politiques, religieuses, pour accoucher en structure hospitalière, ultra médicalisée. Une structure conçue pour donner la vie Humaine et qui en fait la nie dans toute sa puissance, sa beauté, sa simplicité naturelle. Une structure inhumaine finalement, où notre bébé, attendu pendant 9 mois (dans la plupart des cas), se fait manipuler dans tous les sens par des inconnus revêtus de blanc, tout froids, et sans aucune justification médicale avérée (prenez le temps de vous pencher sur les études statistiques concernant les naissances à la maison, dans des hôpitaux physio ou encore des maisons de naissance ; les parents ont le droit de refuser ce genre de manip). Voir notre article : Les limites des accouchements modernisés (ou médicalisés)

Demandons-nous : notre bébé préférerait être en peau-à-peau en train de téter sa mère quand il en a besoin, ou bien être examiné, nu, sur une table glaciale par un inconnu qui ne lui sourit même pas ? … franchement ?

Le séparatisme, c’est par la suite l’impérative inscription à la crèche, chez une « nounou », ou encore dans un « jardin d’enfant » ; et, plus tard, à l’école bien sûr – autant de leurres. Une « gardienne », aussi dévouée soit-elle, ne remplacera jamais un parent dans le cœur d’un enfant – tout au plus parviendra-t-elle à l’apaiser (ce qui, on en convient, est déjà (et hélas) super dans certains cas). L’enfant n’est pas encore né qu’il doit déjà être gardé … non mais – sérieusement ? … Perso, j’ai toujours trouvé ça sidérant. Tout ça pour quoi ? cette souffrance, cette frustration dès le départ, POUR QUOI ? POUR QUI ? Pour le séparatisme, pilier indispensable au bon fonctionnement de nos cultures occidentales.

Le séparatisme, inculqué dès le début de la vie, afin de former d’entrée de jeu des écoliers disciplinés, puis ensuite des travailleurs dociles, qui passeront leur vie dans le rang, à servir sans se poser de question un sacro-saint pouvoir patriarcal ancré en nous jusqu’à la moelle – et pourtant, c’est pas faute d’avoir fait une Révolution…

Quand le séparatisme se prend en pleine face le confinement – le séparatisme à l’épreuve du « vivre enfermés tous ensemble »

Des siècles que ce conditionnement rôdé comme une pendule s’engraine (et nous gangrène) au fil des générations. Puis là d’un coup, BIM, un couac un peu moins minime que les quelques-uns que l’Histoire aura plus ou moins retenus. Un mot d’un coup vient s’imposer à nous, dans notre quotidien, et il bouleverse tous nos acquis – con-fi-ne-ment.

Contrairement à ce qui nous a toujours été demandé, inculqué, imposé pour certains, refusé par d’autres, on nous demande de rester chez nous, wao ça c’est nouveau ! rester chez nous, avec nos enfants. Si quelques-uns s’en réjouissent, la majorité râle, s’insurge, brave même les interdits parfois. On imagine sans peine et avec effroi que beaucoup en profitent pour étaler leur propre souffrance sous forme de maltraitances diverses et variées – un débat urgentissime que néanmoins nous n’aborderons pas dans cet article. Voir notre article : 9 raisons pour lesquelles il est difficile de conserver au quotidien un accompagnement respectueux (posture parentale sans VEO -Violences éducatives Ordinaires-)

Ici, nous voulons partager à propos du non-séparatisme : il ne s’agit pas d’une opinion en fait, mais plutôt d’une réflexion logique. Cela implique de prendre le temps de réfléchir à notre statut de mammifère, et à ce que cela induit comme conséquences naturelles dans notre façon de vivre – la Nature, la grande oubliée justement, de la pensée séparatiste.

Le confinement, c’est en effet l’occasion de se tourner vers nos enfants, de prendre le temps de les regarder et non plus de seulement les voir. C’est l’occasion de prendre conscience qu’ils ne sont pas des acquis parmi nos autres possessions, qu’ils ne font pas juste partie de notre décor quotidien, non ! ils sont des êtres bien vivants, des personnes avec des besoins qui leur sont propres – comprenez : qui ne sont pas les nôtres, et n’ont pas à l’être (c’est le danger de la parentisation : poser sur les épaules de nos enfants des rôles qui nous appartiennent et ne doivent surtout pas devenir les leurs).

On attend toujours la reconnaissance de nos amies, de nos collègues, de plein de gens que l’on connaît plus ou moins, alors que celle que nous devrions vraiment attendre, la seule qui compte vraiment, c’est celle de nos enfants. C’est à eux que nous devons vraiment plaire. Prenons le temps de nous demander à quoi sert vraiment le reste. A la fin de notre vie, de quoi se souviendra-t-on ? qu’est-ce qui aura le plus de valeur à nos yeux ? les noms de nos collègues, de nos patrons, il y a fort à parier qu’on ne s’en souviendra même pas en fait.

Alors vraiment, profitons de ce temps de confinement pour en tirer du meilleur :

posons-nous, pausons-nous et ouvrons les yeux sur ce (ceux) qui compte vraiment : nos enfants.

Continuer la lecture de « Confinement, séparatisme et… continuité (ou continuum) »

Nous pouvons tous être des « témoins secourables » (notion d’Alice Miller)

Vous avez aperçu cette expression à plusieurs reprises au détour d’un article, ou bien sur les réseaux sociaux, dans des groupes de témoignage, d’entraide et de conseil parentaux, et vous vous demandez bien ce que cela signifie ?


Cette notion de témoin secourable vient d’Alice Miller (1923-2010). Psychologue brillante et renommée, Alice Miller s’était retirée en Provence afin de se consacrer à l’écriture des résultats de ses nombreuses recherches concernant le développement de l’enfant. Elle travaillait plus particulièrement sur les violences imposées aux enfants – celles que l’on voit, mais aussi et surtout celles que l’on tait – et les répercussions de ces violences sur l’individu à l’âge adulte.

Elle écrivit ainsi pas loin de 15 ouvrages dédiés à ce sujet, ainsi que de nombreux articles. Certains sont consultables en ligne, notamment sur son site dont voici le lien : alice-miller.com.

Alice Miller écrivait en allemand ou en anglais, aussi il peut arriver que les traductions varient, et que l’on trouve tour à tour les appellations suivantes : témoin empathique, éclairé, lucide, salvateur ou secourable. Nous nous sommes longuement penchés sur la question afin de décrypter ses diverses appellations, et nous allons tenter d’éclaircir ses notions, afin qu’elles puissent être utiles au plus grand nombre, dans l’intérêt des Enfants qui ont besoin d’aide (qu’ils soient intérieurs, ou pas).

Pour résumer de façon très succincte :

  • un témoin secourable est quelqu’un qui aime un enfant maltraité
  • un témoin empathique/éclairé/lucide est quelqu’un qui écoute une victime avec sollicitude et sans jugement, permettant ainsi la libération de l’enfant intérieur qui souffre dans un corps devenu adulte. 

L’affection comme la libération sont primordiales et essentielles au bonheur de chaque individu. Sans cela, l’enfant intérieur jamais écouté, jamais consolé, voit son corps ployer sous sa souffrance. Cela se manifeste à l’âge adulte (parfois avant) par des soucis très variés mais bien concrets, pouvant aller des troubles de la personnalité à des maladies chroniques ou graves, en passant par la transmission de la violence aux générations suivantes.

Voici de plus amples explications :

Le témoin secourable de l’enfance

Le témoin secourable est quelqu’un qui montre à un enfant qui souffre de maltraitance, quelle qu’elle soit, qu’autre chose est possible, que l’amour existe bien, et que cette victime peut aussi faire l’objet d’affection, comme n’importe qui d’autre. 

Le témoin secourable est, pour reprendre les termes d’Alice Miller,

une personne auprès de laquelle [on] pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté

Alice Miller

C’est une personne…

  • qui revalorise l’être humain en souffrance
  • qui lui rappelle qu’il a le droit d’exister
  • qui lui rappelle qu’il mérite bien mieux que cette maltraitance dont il fait l’objet
  • qui le rassure sur le fait qu’il est, lui aussi, aimable – au sens où il peut faire l’objet d’affection de la part de quelqu’un. 

Ce rôle peut être assumé par n’importe quelle personne que la victime est amenée à croiser sur sa route : quelqu’un de la famille, ou bien un ou une inconnue, un enseignant, une voisine, une employée de maison, etc. Ce témoin est une personne qui apporte à l’enfant délaissé un peu de sympathie, idéalement même de l’amour. Cette personne ne cherche jamais à manipuler la victime, sous prétexte d’éducation ou autre, elle lui fait confiance et lui ré-apprend l’idée qu’il n’est pas « méchant » mais mérite bien que l’on soit gentil avec lui.

Grâce à ce témoin, qui ne sera d’ailleurs pas forcément conscient de son rôle crucial et salvateur, l’enfant apprend qu’il existe en ce monde quelque chose comme de l’amour.

Si les circonstances se montrent favorables, il arrivera à faire confiance à autrui, à préserver sa capacité d’aimer et de faire preuve de bonté, à sauvegarder en lui d’autres valeurs de la vie humaine. En l’absence totale de témoin secourable, l’enfant glorifie la violence et, plus tard, l’exercera souvent à son tour, de façon plus ou moins brutale et sous le même prétexte hypocrite.

Alice Miller – « Notre corps de ment jamais »

Pour illustrer cela de manière très simple, Alice Miller cite souvent l’exemple de Dostoïevski – un père extrêmement brutal mais une mère aimante, qui n’empêchait pas les coups mais témoignait de l’affection à son enfant – une mère « témoin secourable », qui montrait à son enfant que l’amour est possible malgré la violence, et qu’il pouvait en faire l’objet.

Tous les hommes et les femmes interrogés, par Alice Miller ou par d’autres, qui avaient subi des violences à des degrés divers dans leur enfance mais qui n’ont pas perpétué les schémas de la violence sur leurs propres enfants, ont tous dit avoir bénéficié de l’appui d’un « témoin secourable », c’est-à-dire une personne qui, si elle n’a pas empêché les sévices, a au moins manifesté de l’affection, voire de l’amour, à l’enfant victime.

Le témoin lucide de l’âge adulte

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Isoler un enfant

Isoler un enfant peut se faire sur le plan physique (c’est la très classique mise au coin ou au piquet) mais aussi sur le plan psychique. L’isolement est induit par n’importe quelle forme de punition, et même par les violences verbales : le fait de punir est une atteinte au lien affectif qui lie l’enfant à ses parents, cela le met à l’écart, c’est comme une pause dans la relation. Cela place l’enfant dans une position extrêmement inconfortable d’insécurité affective (d’autant plus grave si elle vient s’ajouter à une insécurité physique).

La mise au coin, qu’elle soit physique ou verbale, est connue sous l’appellation anglo-saxonne « time-out »  : un terme qui, selon nous, exprime bien toute la violence de la démarche. Il peut aussi bien s’agir :

  • de la punition classique que de nombreuses générations ont connue à l’école,
  • d’une humiliation verbale en public,
  • d’une volonté plus dangereuse de la part de l’adulte qui la décrète.

Il s’agit d’un phénomène sociétal culturel, qui malheureusement reste très répandu, que ce soit au niveau familial ou dans les structures d’accueil de la petite enfance. C’est encore pratiqué couramment dans certaines écoles primaires, et parfois même, c’est recommandé par des pédiatres.

Voir l’article Les violences éducatives ordinaires dans nos écoles

Un adulte cherche à isoler un enfant pour :

  • s’en débarrasser, s’en décharger (il se sent en incapacité d’accueillir les besoins et les émotions de l’enfant, qui peuvent le renvoyer à sa propre histoire) ;
  • le forcer à réfléchir à son comportement (alors que l’enfant n’en a pas les capacités cérébrales) ;
  • le punir en le blessant “pour qu’il comprenne” (alors, que, on le sait : la punition n’a aucun intérêt en terme d’accompagnement) ;
  • asseoir son autorité, par la peur, la menace, la contrainte (alors que ces pratiques sont terriblement néfastes).

Voir l’article Pourquoi les punitions, récompenses, menaces et le chantage sont néfastes ?

Quoiqu’il en soit, il apparaît très clairement à la lumière des découvertes en neurosciences de l’enfant, que ses effets sont dévastateurs sur le développement du cerveau.

Les recherches scientifiques montrent toutes sans équivoque que la détresse émotionnelle provoquée par l’isolement est telle que les dégâts infligés au cerveau sont aussi graves et délétères que ceux provoqués par les violences physiques.

L’impact désastreux de l’isolement sur le développement de l’enfant

Isoler un enfant, c’est le mettre en état de désespoir. L’adulte cherche à isoler l’enfant au moment où, au contraire, celui-ci a le plus besoin de contact et de rapprochement. Il faudrait donc, au contraire du « time-out », proposer un « time-in ».

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