Pédagogie de Reggio-Émilie, une approche de l’éducation positive

Giulia Civita Franceschi, Montessori, les sœurs Agazzi et Maurilio Salvoni partagent la même passion pour l’éducation bienveillante. Ils ont tous un point commun. Ce sont de grands pédagogues contemporains italiens. IL n’y a pas à dire, l’Italie est le berceau de la révolution éducative. Loris Malaguzzi, né le siècle dernier, dans une petite ville entre Boulogne et Parme ne déroge pas à la règle. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il a été traumatisé par le fascisme. Il a dédié toute son existence à la lutte contre toute forme de diktat. Il a entrepris de s’attaquer au mal dès sa racine. Voilà pourquoi, toute sa vie, il s’est employé à instruire les générations futures avec des valeurs humanistes et démocratiques. Aujourd’hui, ses principes sont majoritairement enseignés en Asie, dans les pays scandinaves et anglo-saxons.

Une philosophie de vie fortement inspirée des travaux de Maria Montessori

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la similitude entre les 2 approches sautent aux yeux. L’enfant évolue à son propre rythme, dans un environnement riche et dépourvu de tout élément superflu. L’espace est épuré, les petits réfléchissent et jouent mieux avec peu de jeux et de matériels. « Les enfants ont besoin de liberté pour apprécier les infinies ressources de leurs mains, de leurs yeux et de leurs oreilles, les ressources des formes, des matériaux, des sons et des couleurs. » (traduction d’une citation de Loris Malaguzzi). Les outils didactiques sont laissés à sa portée afin qu’il puisse travailler en toute autonomie, sans directives ou contraintes stressantes. Le professeur se contente d’observer, d’interpréter et de fournir les ressources nécessaires à son évolution. Dans les enseignements de Loris Malaguzzi, il y a 3 éducateurs : l’enfant lui-même, l’instructeur et l’espace.
Les ressemblances entre la pédagogie Montessori et Reggio s’arrêtent ici. En effet, cette dernière privilégie :

  • Les jeux à travers « de petits rien » trouvés dans la nature.
  • L’écoute active de l’enfant mis au centre de toutes les attentions. Il est intégré et particpe activement à son éducation.
  • La créativité prise dans son ensemble.
  • Le respect des « 100 langages de l’enfant ».

À noter également que la doctrine de Mr Malaguzzi s’applique uniquement aux jardins d’enfants, aux crèches et s’arrêtent à l’école maternelle. Contrairement aux fondements de notre illustre didacticienne qui s’étendent jusqu’au lycée.

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Les 100 langages de l’enfant

Les enfants ont 1 000 idées à la minute et tout autant de façons de les extérioriser :

  • L’écriture.
  • Le dessin.
  • La peinture.
  • Le modelage.
  • Le chant.
  • Les jeux d’ombre et de lumière.
  • Les jeux de rôle.
  • ….

Il est émerveillé par le monde qui l’entoure et compte bien en tirer le maximum de connaissances grâce à ses expérimentations. C’est un petit chercheur en herbe qui met à profit tous ses sens pour découvrir les secrets que cache cette grande inconnue qu’est la planète. Après tout, pourquoi attendre l’université pour intégrer une section de recherche.
Il n’est pas toujours facile pour l’adulte de suivre la cadence. Pourtant, il suffit juste d’être attentif à leurs besoins et de leur fournir de quoi exprimer leur créativité et libérer leur potentiel. Pour cela, inutile de se ruiner dans du matériel coûteux, les « loose parts » (« petits riens ») font très bien l’affaire. Pour faire simple, ce sont des petits objets issus de la récup’ et des éléments trouvés çà et là dans la nature. Ils servent ensuite de base pour créer des activités ou des œuvres éphémères (« les land arts »).
Toutes les étapes sont importantes puisque, mises bout à bout, ces actions successives permettent d’aboutir à leurs projets, projet qu’ils ont eux-mêmes initiés. Les photographies des phases de leurs recherches sont affichées sur un mur. L’investissement du travail personnel peut également être valorisé à travers un film.

Le besoin vital de vivre au sein d’une communauté

Loris Malaguzzi a nommé sa doctrine Reggio-Emilia en l’honneur de sa ville natale et surtout parce qu’il considère que chaque individu tient un rôle important dans la société. Il participe à l’éducation citoyenne des plus jeunes en leur inculquant les principes démocratiques dès leur plus jeune âge. Ils ont autant besoin de la cité qu’elle a besoin d’eux. Personne n’est laissé pour compte. Adultes et enfants collaborent pour le bien de toute la communauté. Aucun programme n’est arrêté et aucun contrôle n’est imposé. Les écoliers sont des électrons libres qui vivent en totale symbiose. L’accent est mis l’absence de hiérarchie et de système concurrentiel.
Par exemple, la classe peut l’espace d’une journée se rendre en mairie. En tant que futurs électeurs, ils sont en droit de discuter avec le maire de leurs ressentis sur la municipalité et les actions qui y sont menées. Ils peuvent également exposer leurs œuvres dans les rues de la ville ou partir à la découverte de leur passé à travers le patrimoine, etc.

Quelques applications au quotidien

Rien de plus concrets que quelques propositions d’activités :

    • Acheter ou construire une table lumineuse.
    • Proposer différents types de miroirs. Cet atelier est très prisé en approche Reggio. Il permet à l’enfant de construire son identité grâce à la représentation de soi. Il peut servir de support artistique ou de base pour s’essayer à la symétrie, à la persepective ou au renvoi de lumière.
    • Écrire dans du sable.
    • Jouer dans un théâtre.
    • Peindre des pommes de pin.
    • Coller des coquillages en fonction de leur taille et de leur couleur.

Nous pouvons vous donner toutes les idées possibles et imaginables, mais au final c’est l’enfant qui reste le maître-d’oeuvre. Vous devez vous contenter de provoquer sa reflexion et non lui imposer. Sinon vous retomberez dans les travers du conditionnement de l’éducation classique. Comment vous y prendre ? Il suffit de déposer un bac avec quelques « loose parts » sur une table et le tour est joué. La curiosité naturelle de votre progéniture ne pourra y résister. Dans un établissement scolaire, 2 atelieristes interviennent pour les aider à élaborer des projets créatifs. La communication est essentielle, un briefing se discute en amont et un bilan conclut le tout.

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