Alimentation intuitive / libre : la suite logique du continuum (cordon, allaitement, DME, et après ?)

L’alimentation est un besoin vital. Sur la Pyramide des Besoins de Maslow , l’alimentation apparaît dans la première catégorie, celle de la base : c’est-à-dire, celle des besoins physiologiques primaires, autrement dits : essentiels à la survie de l’être humain. Précisément parce que l’alimentation nous est si précieuse, il nous a semblé pertinent de nous pencher sur la question, afin d’inscrire ce besoin vital et quotidien dans notre logique de continuum et d’accompagnement respectueux de l’enfant – logique qui anime toute l’équipe de Vivre En Famille, et que nous avons à cœur de contribuer à faire connaître.

Ce dimanche 16 octobre 2022, c’est la journée mondiale de l’alimentation.

Le Continuum, c’est quoi ?

Disons simplement que le continuum, c’est l’homogénéité, la concordance : c’est agir dans la cohérence et le respect :

  • de nos instincts naturels,
  • de notre accompagnement d’aide au développement de l’enfant, en suivant son propre rythme,
  • de ses besoins.

Détails : Continuum

Quel est le lien entre l’alimentation et la continuité ?

Concrètement : avant sa naissance, pendant la gestation, le bébé sait d’emblée satisfaire ses besoins nutritifs aux moments où il en a besoin, et en prenant à chaque fois la quantité voulue. Il s’agit bien là d’une alimentation raisonnée, calquée sur les impératifs naturels : nous sommes alors le plus proches possible du respect de nos besoins physiologiques. Ce mode d’alimentation passe par le cordon ombilical : il est une source naturelle de nourriture, où l’enfant pioche selon ses besoins – c’est ce que la Nature a prévu pour les petits de mammifères, qu’ils soient humains ou écureuils : manger, quand notre corps nous en fait sentir le besoin.

Cependant, lorsque, à la naissance, le cordon est coupé, le bébé perd brusquement le bénéfice de cet apport alimentaire à disponibilité permanente ; s’élève alors, dans nos sociétés, pour les parents, la grande question : biberon ou allaitement ?

L’allaitement

Les premiers mois.

Jusqu’à 6 mois, c’est assez « simple » – comprenez : ça reste socialement convenable. Mais après, c’est moins évident.

Mais avant d’aller plus loin, faisons un petit retour en arrière, pour savoir comment ça se passait, autrefois. A cet égard, le livre d’Ina May Gaskin, “Guide de l’allaitement naturel“, est très enrichissant. On y apprend notamment que « l’allaitement faisait autrefois partie des relations sociales ». On découvre ainsi l’allaitement partagé : quand des mamans allaitaient les enfants des autres, de façon temporaire ou sur une longue durée. C’est de là que vient le terme de « nourrice » : en effet, dès l’Antiquité, des nourrices étaient prises sous contrat ; le système perdura plus tard dans les familles royales, ou dans celles ayant de gros héritages. Le but était d’alléger la « charge » de la maman, et surtout de lui permettre de redevenir féconde au plus vite – comme quoi, la rentabilité qui passe avant l’humain, ce n’est pas qu’une histoire des temps modernes.

En dépit des mises en garde multiples et variées, vous avez fait le choix d’allaiter votre nouveau-né. Au début, le bébé est très en demande : il a besoin d’être allaité à volonté, c’est-à-dire chaque fois que son corps lui en fait sentir le besoin – sans considération aucune pour l’horloge ou la vie de l’adulte. Quand on y réfléchit un tout petit peu, ça semble évident : comment passer d’une alimentation disponible à volonté (fournie par le cordon ombilical), à RIEN ? On se met 2 minutes à la place du bébé ? comment nous, adultes, réagirions-nous, si d’un seul coup on se voyait privés de nos petits rituels alimentaires ? on crierait, non ? Pour bébé, c’est pareil, à ceci prêt que dans son cas, il ne s’agit ni d’envie ni de gourmandise, mais bien d’un réel besoin physiologique – un besoin qui, si non-satisfait, engendre une réelle souffrance : psychique, mais, et ce n’est pas assez su des jeunes parents, aussi physique. L’enfant qui demande à manger ne fait que demander ce qui lui est dû : ce que ses parents, ou les personnes qui prennent soin de lui, se doivent de lui fournir. Il s’agit véritablement d’un droit fondamental, celui de pouvoir assouvir un besoin essentiel, un besoin primaire – l’alimentation à la demande.

En tant qu’adulte, quand on a faim, on mange. L’attente est très difficile, insupportable pour certains ; de fait, elle en rend plus d’un véritablement agressif. C’est pareil pour un bébé… sauf qu’en plus, soulignons-le à nouveau, pour le nouveau-né la faim est physiquement douloureuse – et c’est encore le cas durant les premiers mois de vie.  Alors, pour ne pas faire souffrir notre enfant inutilement, pour respecter ce continuum que notre instinct de maman nous souffle, on le nourrit à la demande.

Ce qui nous amène à un point important de notre réflexion : allaiter ok, mais un biberon ferait aussi bien l’affaire non ? Quand on donne le biberon à un bébé qui est dans les bras, les bénéfices du mode-câlin sont les mêmes qu’avec l’allaitement – croit celui qui ne sait pas – ou, en l’occurence, celle à qui on n’a pas encore tout dit…

Bienfaits physiologiques du lait maternel

Avant de développer, sachez que le don de lait maternel est tout à fait possible, et même encouragé. Néanmoins, il est aussi, pour des raisons évidentes d’hygiène et de santé publique, fortement réglementé.

Ceci étant dit, faisons maintenant un tour d’horizon des bienfaits du lait maternel. Vous verrez que certains sont quand même assez connus, alors que d’autres, beaucoup moins.

Pour Bébé :

  • Le corps maternel est ainsi conçu qu’il adapte naturellement le lait maternel selon l’évolution du corps du bébé : le lait évolue à mesure que bébé grandit, afin de répondre au mieux à ses besoins physiologiques. Le lait maternel est entièrement dévoué au bien-être de l’enfant – quel lait industriel peut prétendre à de telles propriétés ?
    • Le lait maternel contient des cellules vivantes anti-infectieuses, qui protègent le bébé contre virus, bactéries et allergies
    • Le lait maternel possède des vertus hydratantes et apaisantes puissantes. Il peut sans problème être utilisé en produit de soin, y-compris en gouttes dans les yeux pour lutter contre les conjonctivites, ou les orgelets par exemple
    • L’allaitement contribue à l’élaboration du lien d’attachement. Le contact visuel lors de la tétée est à cet égard essentiel. Diverses études menées dans des orphelinats ont montré que le contact lors d’une mise au biberon ne déclenche pas autant d’hormones positives
    • Du lait maternel naturel, recueilli via les lactariums, est donné aux grands prématurés car leur système immature ne peut pas digérer autre chose. Le lait maternel est une véritable « force de vie », un « produit de symbiose de toute alimentation possible »
    • Le lait naturel prévient le développement de troubles de l’oralité (un trouble développemental des fonctions orales et alimentaires. Particulièrement handicapant, le trouble de l’oralité transforme vite tout repas en véritable enfer pour l’enfant, comme pour ses parents
    • Le lait maternel ne contient pas les mêmes hormones le jour et la nuit. Les hormones nocturnes sont naturellement plus apaisantes pour favoriser l’endormissement du bébé
    • La tétée a des vertus antalgiques : testées et approuvées par des milliers de bébés, la tétée lors d’un soin médical par exemple, d’une prise de sang ou d’une vaccination, aide bébé à plus facilement s’apaiser et se rassurer suite à la douleur de l’acte médical

Le lait maternel est le meilleur aliment pour bébé qui soit

Ina May Gaskin

Pour le parent :

  • L’allaitement produit une décharge d’ocytocine, hormone qui favorise la construction des liens d’attachement, ainsi que les dispositions maternantes qui permettront au parent d’œuvrer au bien-être comme à la survie de son enfant
    • Il améliore les suites physiologiques de l’accouchement, réduisant notamment de manière significative le risque d’hémorragie post-partum
    • Il empêche la reprise de l’ovulation et de la menstruation – attention toutefois, uniquement lorsqu’il est exclusif (c’est-à-dire lorsque le bébé ne reçoit aucun autre apport alimentaire que le lait de sa maman). C’est alors un moyen de contraception naturel, idéal après une naissance – attention toutefois : comme tout moyen de contraception, il n’est pas infaillible
    • Il favorise la perte de poids post-partum
    • L’allaitement réduit les risques de cancer du sein, grâce à l’irrigation régulière des canaux galactophores.

Ajoutons en outre que le lait maternel n’est pas polluant, et ne représente aucune menace pour l’environnement.

Comment donc favoriser et maintenir la lactation à mesure que bébé grandit ? Tant qu’il y a stimulation du mamelon par le bébé, il y a lactation. Cette magie naturelle du corps humain a ainsi permis, par exemple, que des grands-mères puissent allaiter leurs petits-enfants, alors que les mamans subissaient des problèmes de santé qui les empêchaient de mener à bien leur allaitement (autrefois, avant que la France ne croule sur les mesures réglementaires).

D’un point de vue social, pourquoi l’allaitement pose souci ?

Il existe, dans les pays industrialisés en général et en France en particulier, une importante (et fort triste) discordance entre les intentions des femmes et la réalité. Nombre de mamans se voient niées leur droit à allaiter ; d’ailleurs, elles y renoncent souvent sans même en parler. Les dissonances cognitives entre l’instinct maternel et les diktats sociétaux ne sont que l’illustration d’un combat cruel, où règnent injonctions sociales et effacement de soi.

allaitement

Mais en fait, en quoi l’allaitement dérange t-il ?

La méconnaissance des capacités du corps ainsi que les exigences économiques de nos sociétés hyper-industrialisées renforcent le poids des divers discours qui constituent encore aujourd’hui l’ambiance de vie d’une future maman, où faire une chambre instagrammable est devenu tellement plus important que de materner bébé et d’être attentif à ses réels besoins.

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La pédagogie Pikler-Loczy

Emmi Pikler fut une contemporaine de Maria Montessori. Cette pédiatre hongroise a concentré son travail sur la petite enfance. Pour elle, il est indispensable de développer une relation spécifique avec le tout-petit. Un attachement dont le bébé a un besoin inconditionnel pour grandir sereinement. Par ailleurs, la motricité libre et le jeu ininterrompu sont importants pour son développement moteur en respectant son rythme naturel.

Nous allons vous partager l’approche éducative d’Emmi Pickler que vous pourrez mettre en place chez vous, mais aussi en collectivité.

Les découvertes d’Emmi Pickler pendant ses études

Dans les années 20, durant ses études en médecine, Emmi Pickler se spécialise en pédiatrie chez le docteur Pirquet à Vienne. Elle y découvre un environnement harmonieux et bienveillant envers les enfants : on ne les force pas à manger, un lieu est dédié pour les jeux libres, les enfants sont habillés de façon à ce qu’ils puissent bouger librement, ils sont protégés du froid avec des sacs de couchage leur permettant de gigoter, et les médecins font attention à ne pas faire pleurer les enfants pendant les examens médicaux.

Pendant ses études, elle rédige une thèse qui lui permet de prouver ses observations faites sur le développement moteur de l’enfant de 0 à 3 ans. Ainsi, elle décrit les capacités du tout-petit à développer ses capacités motrices en toute autonomie si l’environnement dans lequel il évolue est sécurisé et si l’adulte l’accompagne indirectement.

Ainsi, l’adulte n’a pas besoin d’enseigner à l’enfant les moyens de se mouvoir. L’enfant avance, à son rythme, en suivant chaque étape naturelle qui aboutit à une motricité complète. L’adulte est présent pour observer, soutenir, accompagner et sécuriser l’environnement dans lequel le tout-petit évolue. 

Lorsqu’elle rentre à Budapest, elle concentre son attention sur différents enfants. Elle constate que ceux qui peuvent jouer librement, grimper, exercer leur habileté ne sont sujets que très rarement aux accidents. À l’inverse, les enfants à qui l’on interdit de se mouvoir librement par excès de prudence sont maladroits et tombent. Elle en conclut donc que plus on laisse la liberté aux enfants de se déplacer, plus ils sont prudents et ils apprennent à tomber sans risque.

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Ressources pour les enfants qui s’intéressent aux pirates

Article et données mises à jour le : 29 novembre 2022

Ce lundi 21 novembre 2022, c’est la Journée Internationale des pécheurs artisans et des travailleurs de la mer.

Chaque lundi 19 septembre, c’est la Journée Internationale du Parler Pirate.

Retrouvez dans cet article ces catégories en lien avec le monde des pirates :

  • Tout savoir sur les pirates
  • Bons Plans IEF
  • Les nœuds marins
  • Idées d’activités
  • Art
  • Activités manuelles/Bricolages
  • Exercices
  • Journées à thème
  • Gâteaux pirates
  • Chambre sur le thème des pirates
  • Idées de sorties/de visites
  • Jeux en ligne
  • Jeux de rôle
  • Jeux avec votre enfant/Jouez en famille !
  • Notices de construction LEGO
  • Livres
  • Études/Métiers
  • Dons
  • Supports vidéo
  • Musiques
  • Idées d’illustrations/coloriages/dessins
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Les associations soutenant l’IEF (Instruction En Famille)

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Qu’est ce que l’école à la maison, le homeschooling ?

Article et données mises à jour le : 15 novembre 2022

Le 28 mars 1882, la loi Ferry instaure l’instruction obligatoire en laissant le choix que cette instruction ait lieu dans un établissement scolaire ou au sein des familles. Nous allons nous concentrer sur l’instruction donnée en famille, ce que l’on appelle aussi l’école à la maison ou le homeschooling.

En France, cette pédagogie concerne quelques milliers d’enfants et d’adolescents. Le choix de déscolariser ses enfants est très souvent accompagné d’une volonté très forte de repenser les relations éducations entre les adultes et les enfants. Une nouvelle parentalité, un nouvel accompagnement dans lesquels les besoins, les envies et les intérêts des enfants sont particulièrement pris en compte. 

Les pionniers du homeschooling

L’instruction en famille est très répandue dans les pays anglo-saxons et particulièrement aux États-Unis et en Angleterre. Dans ces deux pays, deux grands pédagogues ont pu permettre à l’instruction en famille de se démocratiser.

Tout d’abord, la Britannique Charlotte Mason pour qui l’enfant doit être considéré comme une personne à part entière que nous devons respecter dans toute sa personne. Pour Charlotte Mason, il est indispensable de trouver un équilibre harmonieux entre l’enseignement écrit et l’enseignement oral. La coéducation, entre parents et enfants, est la clé pour trouver cet équilibre. Par ailleurs, Charlotte Mason fait la part belle aux livres vivants qui sont vitaux pour le développement intellectuel de l’enfant qui a besoin d’idées vivantes pour grandir. Ces « living books » doivent apporter des idées exaltantes qui permettront de nourrir tous les domaines d’études (géographie, histoire, grammaire, astronomie…).

Notre travail d’éducateur est d’exposer l’enfant à un maximum de belles et grandes idées : il a besoin d’une grande quantité de matière noble pour bâtir sa propre vie.

La pédagogie Charlotte Mason, par Laura Laffon

Ensuite, parmi le militant de l’instruction en famille, nous retrouvons également le militant américain du droit des enfants et du homeschooling : John Holt. Pour cet enseignant, il est impossible de réformer le système scolaire. Il est donc indispensable d’avoir recours à l’instruction à la maison.

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